Gervais Martel, mis en examen, reste libre

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Publié le 25 janvier 2012.

Justice Le patron du RC Lens poursuivi pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux

Mauvais coup de poker pour Gervais Martel. Le patron du RC Lens a été mis en examen hier pour « corruption privée » et « recel d'abus de biens sociaux » à l'issue de quarante heures de garde à vue. Jean-François Dutilleul, patron du groupe de BTP du même nom et Philippe Beauchamps, président du directoire de l'entreprise Ramery (et président du conseil de surveillance du RC Lens), ont également été mis en examen. Tous les mis en cause ont été libérés sans aucun contrôle judiciaire. « J'ai apporté des réponses à toutes les questions des magistrats », a assuré Gervais Martel en sortant de son audition chez la juge d'instruction. La justice enquête depuis septembre dernier sur un prêt de 4 millions d'euros consenti au président du RC Lens par Ramery et Rabot-Dutilleul. En échange, Gervais Martel leur a assuré par écrit qu'ils auraient la priorité pour le chantier de rénovation du stade Bollaert. Pour les magistrats, cela pourrait s'assimiler à de la corruption privée.

Dettes de poker
« Les perquisitions ont été très fructueuses et nous ont permis de récolter des éléments à charge très concrets », a d'ailleurs expliqué Magalie Caillat, de la direction interrégionale de la police judiciaire(DIPJ). Gervais Martel assume en estimant « normal de donner la priorité à des entreprises régionales, qui aident le club depuis 20 ans ».
Mais le procureur de la République d'Arras a estimé « anormal » que le patron du RC Lens ait pu disposer « à des fins privées » d'une partie des 4 millions d'euros prêtés par les deux entreprises du BTP. D'autant que selon nos sources, Gervais Martel a utilisé une partie de la somme pour rembourser des dettes de poker. Les deux entreprises n'étant pas des banques, avaient-elles le droit de prêter des fonds à un particulier ? « Si elles le font pour obtenir un marché de construction, elles sont dans leur rôle », certifie Me Frank Berton, avocat du groupe Ramery. « Cette affaire est montée en épingle parce que les entreprises du BTP du Pas-de-Calais sont sous surveillance », assure Me Didier Robiquet, avocat de Gervais Martel.

Olivier Aballain
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