L'évacuation fait polémique

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Publié le 16 janvier 2012.

« costa concordia » Plus de 4 000 personnes étaient à bord du navire

Des scènes proches de celles du Titanic ont été décrites par les rescapés du Costa Concordia, échoué vendredi au large de la Toscane (Italie) avec 4 229 passagers à bord. Hier, le bilan officiel, toujours provisoire, faisait état de cinq morts, dont deux Français, d'une quarantaine de blessés et de quinze disparus. Alors que les recherches se poursuivaient pour tenter d'extirper des survivants de l'épave, les naufragés, originaires de plus de 60 pays, regagnaient leur domicile par bus ou avion, éprouvés et fatigués. Selon des témoins et des garde-côtes, le paquebot de luxe, fleuron de la compagnie italienne Costa Croisières, naviguait trop près de l'île du Giglio. Il aurait heurté un rocher avant de venir s'échouer à une cinquantaine de mètres du rivage. Il s'est alors incliné sur le côté, ce qui a compliqué l'évacuation.

Le capitaine abandonne le navire
Hier, la polémique sur le naufrage enflait autour des circonstances de l'accident. Le commandant du bateau, Francesco Schettino a été incarcéré, accusé d'homicides involontaires et d'abandon de navire. D'après le procureur, il ne suivait pas la bonne route. Francesco Schettino a toutefois indiqué qu'il avait heurté un rocher qui n'était pas indiqué sur les cartes marines. « Cette zone est très surveillée. A moins qu'il y ait eu un tremblement de terre juste avant, ce qui n'est pas le cas, les fonds sont bien retranscrits sur les cartes », commente Hubert Ardillon, président de l'Association française des capitaines de navires. Les boîtes noires, retrouvées hier et placées sous scellés, devraient apporter des précisions sur ce point.
Bon nombre de naufragés ont regretté l'abandon prématuré du navire par le commandant et la désorganisation de l'évacuation, notamment le manque de gilets de sauvetage. Parmi les 385 rescapés français rapatriés hier à Marseille, certains exigeaient des précisions sur les conditions de remboursement. « La priorité, c'est de retrouver les disparus », tranche Cristiano de Musso, un porte-parole italien de la compagnie Costa Croisières.

William Molinié
Un paquebot qui a la poisse ?

Lors de l'inauguration du Costa Concordia, sorti en 2005 des chantiers navals italiens Fincantieri Sestri, la bouteille de champagne projetée contre la coque ne s'était pas brisée. Les marins superstitieux y avaient vu un signe de malchance. L'infortune s'était à nouveau manifestée en 2008, lorsqu'en pleine tempête, le bateau était entré dans le port de Palerme, en Sicile, en heurtant les docks, ce qui avait causé de nombreux dégâts.

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