el des embauches, gel des salaires et plan d'économies drastique : Air France-KLM s'est lancé hier dans un vaste chantier sur trois ans pour restaurer sa compétitivité et pour réduire son endettement. Plombé par des pertes financières et la hausse du prix du pétrole, la compagnie aérienne souhaite appliquer ces mesures le plus rapidement possible. Objectif chiffré : 1 milliard d'économies d'ici à 2014.
Livraisons reportées
L'un des principaux problèmes du groupe vient du décalage entre son offre, qui augmente, et sa demande, qui ne suit pas le mouvement. Le fret est concerné, aussi bien que le transport des passagers. Pour « limiter la croissance de l'offre à 5 % sur trois ans », Air France-KLM va donc réduire sa flotte. Et limiter ses investissements, c'est-à-dire remettre à plus tard l'achat de nouveaux avions. Les constructeurs Airbus et Boeing en subiront les conséquences. « Le groupe va reporter la livraison de trois A320, deux A380, un Boeing 777, et annuler une option pour deux autres 777 », a détaillé Jean-Cyril Spinetta, le président du conseil d'administration d'Air France. Les seuls investissements poursuivis concerneront la sécurité des opérations et le service clients.
Alexandre de Juniac, devenu directeur général d'Air France à la mi-novembre en remplacement de Pierre-Henri Gourgeon, avait annoncé, début décembre, qu'il prendrait des mesures d'économies, mais sans toucher à l'emploi.
Il y aura malgré tout des changements. En 2012-2013, si les salaires seront « gelés » chez Air France et « modérés » chez KLM, le personnel navigant pourrait aussi devoir « davantage voler », estime Pierre Bouchey, analyste spécialisé chez Kepler Equities.
L'action d'Air France a décollé hier en Bourse après l'annonce du plan d'économies, terminant sur une hausse de 7,46 % au CAC 40.