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Miossec : «Le rock me semble plus sain que le vélo»

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Rencontre avec le chanteur de 41 ans, passionné de cyclisme, de body-surf et de ping-pong

Rencontre avec le chanteur de 41 ans, passionné de cyclisme, de body-surf et de ping-pong

Dans Le critérium, vous chantiez l'histoire d'un passeur de bidon qui rêve de s'échapper du peloton... Etes-vous toujours fan de vélo ?

J'ai des souvenirs assez précis de Tours de France. Luis Ocana (vainqueur en 1973), la mort de Tom Simpson (en 1967). Et puis voir passer le peloton, ou plutôt l'attendre, assis sur le talus. Il arrive, tu n'as pas le temps de comprendre que c'est déjà reparti. Il te reste les cadeaux de la caravane que tu ramènes à la maison. Cet été, je suis invité à suivre une étape chez moi, en Bretagne. C'est la première fois. J'attends vraiment ça avec impatience.

Le dopage, la domination de Lance Armstrong, cela vous inspire quoi ?

Ce qui est terrible, c'est de voir la manière dont le peloton a lynché les deux trois gars qui ont parlé. Quand tu vois ce que les mecs racontent, j'ai l'impression que le milieu du rock est plus sain que le vélo. Maintenant, la dramaturgie reste intacte. Sauf quand Armstrong se tape toutes les côtes sans lever le cul de sa selle, qu'il est obligé de se contrôler pour faire croire qu'il y a quand même un petit suspense. Mais le dopage, c'est aussi économique. Les coureurs ont 25 ans, avec femme et enfants. Si tu l'ouvres, t'es viré.

Votre ami Cali prétend que vous êtes un grand joueur de foot ball ?

Non, non. J'ai un peu joué à Brest dans un club d'entreprise, mais c'était vraiment folklo : les R12 chargées de packs de bière, les mecs qui écrasent leur clope au moment où on siffle le coup d'envoi. Comme je n'avais pas de technique, j'étais défenseur. Parce qu'à part rentrer dans les mecs et essayer de chopper le ballon pour le refiler à celui qui est meilleur que moi... Sinon, là je rentre de Cuba où je suis allé faire du body-surf.

Du body-surf ?

Oui. Sans planche, avec juste des petites palmes. Le body-surf guide souvent mes voyages. Je me souviens d'une vague au Mexique. Tu regardes ce qui se passe pendant deux heures et tu te demandes : « J'y vais ou je n'y vais pas ? » Tu fous deux pieds dans l'eau, puis tu te dis : « Non, non, je n'y vais pas. » T'es super attiré, mais en même temps, tu sais que c'est trop gros pour toi. Que si tu vas là-dedans, tu passes à la machine à laver.

Et quand ça se passe bien ?

C'est d'une légèreté incroyable. Un vrai pied visuel. Quand j'ai du mal à trouver le sommeil, ma technique, c'est de me rappeler les vagues que j'ai pu prendre. Au lieu de penser à des morceaux de musique, tu penses à ça, c'est super reposant. Mais bon, faut pas que les gens pensent que je suis un grand surfeur.

Vous aimez le côté technique ? Travailler, progresser...

ça, c'est plus au ping-pong. Tu essayes, tu cherches plein de services différents. En studio d'enregistrement, c'est super quand tu as une table de ping-pong. Pour arrêter de te demander s'il faut plus de graves ou plus d'aigus, tu vas faire une petite partie, ça rince vraiment.

Pratiquez-vous d'autres sports ?

Oui ! Les bras de fer... A une époque j'en faisais beaucoup, après les repas, avec des copains. Le fair-play y est super important. Tu vois rapidement la capacité des gens à pouvoir perdre sans que ça pose de problème... C'est psychologique aussi. Pas question de ne faire qu'attaquer, il faut tenir, fatiguer l'autre. Si tu sens que t'es moins fort, il faut le laisser placer des attaques, chercher à le surprendre... Tellement crétin que c'est bon.

Recueilli par Grégory Magne (Kaora Press)

©2006 20 minutes
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