Pour la droite française, la meilleure nouvelle politique de la semaine fut un sondage sur l'immigration. Divine surprise pour le camp Sarkozy qui défend en ce moment son projet de loi : dans sa grande majorité, l'opinion est favorable aux nouvelles dipositions sur l'immigration. Ce sondage est d'autant plus embarrassant pour la gauche qu'elle apparaît nettement déconnectée de son propre électorat qui, en fait, est réceptif aux préconisations du ministre de l'Intérieur. Arrêtons-nous un instant sur ce sondage réalisé par BVA pour Le Figaro et LCI : 60 % des Français dans leur ensemble se disent insatisfaits des règles existantes pour encadrer l'immigration. Les sympathisants de droite sont 75 % et ceux de gauche... 56 %. Ces derniers sont favorables à 76 % à l'obligation d'apprendre le français pour obtenir une carte de séjour, ainsi qu'à une limitation du regroupement familial (à 71 %) qui doit être subordonné à certaines conditions de ressources.
La ligne de défense de la gauche apparaît ultramince. Si on résume, ses électeurs sont réceptifs à une immigration plus sélective, plutôt laborieuse, disons... choisie. Le débat se complique, car, de son côté, l'école de pensée libérale est favorable à une large ouverture des frontières aux immigrants ! Le raisonnement est imparable : la mondialisation économique (augmentation des échanges, dématérialisation des services, délocalisations) ne peut être dissociée des mouvements de population. De la même façon, affirment les économistes libéraux, les pays riches créent leurs propres besoins d'immigration : ils regorgent d'emplois dont ne veulent pas leurs ressortissants, tandis que leurs populations vieillissent, créant du même coup des exigences colossales en matières de financements publics (retraites futures, prestations sociales et médicales), autant de besoins que seul pourra financer une immigration massive, permanente... et bien gérée.
Ce dernier élément est au centre du débat. Car ces mêmes défenseurs d'une immigration choisie lorgnent naturellement sur une immigration au fort potentiel d'intégration. Et un journal comme The Economist de citer le cas des Latinos de Los Angeles dont la seconde génération d'immigrés compte quatre fois moins de non-diplômés que la première.
Frédéric Filloux
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