Depuis février 2011, 300 malades souffrant d'un cancer gynécologique ou digestif ont suivi leur chimiothérapie au centre hospitalier (CH) de Voiron, près de chez eux, au lieu de se rendre à Grenoble chaque semaine. Tel est le fruit d'une coopération CH local-CHU qui préfigurait la mise en place « en grand » de la Communauté hospitalière de territoire (CHT) Grenoble-Isère. Signée vendredi par les directeurs du CHU, de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève et des CH de Voiron, Rives, Tullins, Saint-Geoire-en-Valdaine et Saint-Laurent-du-Pont, cette CHT est la troisième de Rhône-Alpes.
Ses objectifs sont d'abord médicaux. « On n'est pas dans une logique de fusion, souligne la direction du CHU. On veut juste mieux se coordonner pour soigner le bon patient, au bon endroit. De manière concrète ». Ainsi, en gériatrie, selon l'accord, l'équipe mobile du CHU interviendra sur tout le territoire de la CHT, notamment pour faire des diagnostics plus précoces, dans le cadre de la filière intergériatrique existante.
La proximité au CHU aussi
« La CHT vise en réalité à recomposer l'offre de soins selon de seuls critères financiers, sous la tutelle de l'ARS et du directeur du CHU, sans contre-pouvoir », critique Christine Rossi, secrétaire départementale de la CGT Santé social, qui a manifesté vendredi devant le CHU. Selon le directeur de l'hôpital de Voiron, Laurent Charbois, « chaque directeur a sa voix, comme les autres, dans la CHT. A Voiron, notre coopération avec le CHU de Grenoble nous a permis d'ouvrir un service, et non l'inverse. Nous salarions deux médecins avec le CHU et avons recruté une équipe paramédicale locale. Nos patients ont gagné en proximité. Nous avons même organisé pour eux un suivi avec l'association d'hospitalisation à domicile du Voironnais. »
Et les patients grenoblois ? « Ils retrouvent un meilleur accès aux places libérées à Grenoble, assure-t-on au CHU. Car l'hôpital universitaire, bien qu'établissement d'excellence, est aussi leur hôpital de proximité ! »