Un pan tonitruant de l'histoire de la chanson française. En ressortant l'intégrale de ses huit albums, de «La Fossette» (1992) à «La Musique» (2009), Dominique A démontre que son chant incarné et son écriture puissante comptent parmi les plus marquants des vingt dernières années.
Pourquoi ressortir ces albums?
Je voulais les réarranger parce que certains, surtout les premiers, avaient été faits avec les moyens du bord. Mais il ne fallait pas trop arrondir les angles non plus, pour ne pas les dénaturer. C'était aussi l'occasion de publier mon premier album autoproduit, «Un disque sourd», et quelques inédits que je suis allé chercher chez mes parents. J'ai retrouvé mon vieil enregistreur quatre pistes dans une armoire. Il marchait encore. Et j'y ai retrouvé des titres que j'avais oubliés.
Un trip freudien en somme...
Dans le même temps, j'étais dans la création de mon prochain album. Je n'ai donc pas trop ressenti le côté tristounet du travail rétrospectif. Et puis toute ma vie n'est pas dans mes disques. Quand je compose, j'essaye d'être juste. Mais il ne s'agit de la justesse que d'un instant, d'une émotion.
Quel regard portez-vous sur votre carrière?
C'est une trajectoire assez droite parce que j'ai fait chaque disque en opposition au précédent. Je n'ai pas beaucoup changé à part dans l'implication. Je suis moins débutant, de plus en plus sérieux.
Des regrets?
Pas trop. Je ne veux pas réécrire ma propre histoire, parce que je ne suis pas le meilleur juge pour ça. Je suis trop impliqué dans l'écriture pour songer à refaire quoi que ce soit.
Vous allez rejouer votre premier véritable album en intégral sur scène*. Par nostalgie?
Un peu oui. «La Fossette» fête ses 20 ans et j'aime beaucoup cet album. Il y a des choses qui ont bien passé la rampe.
*Les 26 et 27 janvier au Théâtre de la Ville à Paris