«Recrute un(e) ingénieur d'études en biodiversité, au sein du groupe Impacts sur l'environnement, vous serez en charge des études concernant la biodiversité des projets», «Recherche pour la Direction des espaces verts, un chef de service maintenance. Vous contribuez à une meilleure prise en compte des aspects environnementaux: préservation de la biodiversité, diminution des phytosanitaires, protection de la ressource en eau». Dans le privé ou le public, la biodiversité s’invite dans les offres d’emploi. Quel que soit le secteur d’activité ou le niveau d’études, la prise en compte croissante des impacts de l’activité humaine sur l’environnement pourrait donner naissance à de nouveaux métiers ou changer la manière de pratiquer des métiers traditionnels.
Nouveau secteur en plein essor, le «génie écologique» consiste à «ne pas se contenter de mettre des pansements sur les petites bestioles qu’on abime», mais à anticiper les impacts potentiels des activités d’une entreprise sur les écosystèmes et préserver ceux-ci, explique Patrice Valantin, directeur de Dervenn, une société d'études, de conseils et de travaux spécialisée dans le génie écologique. «Le fait que des gens travaillent sur les écosystèmes n’est pas nouveau, rappelle-t-il, mais l’innovation réside dans la relation entre humanité et biodiversité et la prise en compte de sa valeur économique et sociale.»
Concrètement, chez Dervenn, on emploie des salariés «de bac moins huit à bac plus huit», assure Patrice Valantin: «Nous avons des ingénieurs écologues pour la connaissance et l’observation des écosystèmes, des naturalistes qui observent les interactions entre les espèces, des coordinateurs biodiversité pour faire l’interface entre monde vivant humain et non humain, et des métiers traditionnels comme des ouvriers d’intervention forestiers ou agricoles, des conducteurs d’engins et de travaux pour recréer des mares ou des haies, des technico-commerciaux pour convaincre les entreprises que c’est dans leur intérêt de s’intégrer dans les écosystèmes…» Tout ce petit monde s’affaire à «faire des routes, des maisons, des HLM, mais pour les grenouilles ou les oiseaux» et à aider les entreprises et les collectivités à conjuguer activité économique et respect de l’environnement.
«Tous les métiers actuels vont évoluer pour assurer la compatibilité de l’économie avec les écosystèmes», estime Patrice Valantin. Selon les estimations du ministère de l’Environnement, plus de 50.000 emplois pourraient être créés dans les dix prochaines années grâce à la biodiversité. Mais pour l’instant, les étudiants doivent prendre leur mal en patience: «Il y a beaucoup de formations qui apparaissent, comme les BTS gestion et production de la nature, mais pas encore beaucoup de débouchés, reconnaît Patrice Valantin. Il ne faut pas que les jeunes se démotivent, je suis persuadé que dans les 5-6 ans qui viennent la demande va augmenter. Si ce n’est pas un secteur d’avenir, c’est qu’il n’y a pas d’avenir!»
Selon une étude menée par Natureparif, l'Agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France, les «bio-emplois» ne représentent aujourd’hui qu’un emploi sur 1.000 en région parisienne, dont plus de 70% sont assurés par les associations, les activités de recherche et développement et l’administration publique. Le boom de la biodiversité en entreprise reste à venir.
>> 20 Minutes suit la campagne de la Ligue ROC: interview d’Hubert Reeves, décryptages des enjeux liés à la biodiversité, questions aux candidats et résultats des questionnaires sont à suivre sur 20minutes.fr.