Les femmes ingénieurs ont tout : un bon job, un bon salaire, une belle carrière… Mais pourquoi sont-elles si peu nombreuses ? Voilà l'équation que cherchent à résoudre depuis plusieurs années des associations, des réseaux et des institutions engagés dans la valorisation des métiers scientifiques auprès des publics féminins. Et plus particulièrement des jeunes publics : s'il y a 50 % de lycéennes en terminale S, on n'en retrouve plus que la moitié dans les écoles d'ingénieurs, et elles représentent actuellement 17 % de la profession. La faute à des stéréotypes tenaces et inconscients et à une méconnaissance des métiers. « Il y a un besoin de sensibilisation des jeunes filles. Il faut leur dire qu'elles sont capables d'assurer ces métiers. Elles se disent trop souvent " ce n'est pas pour moi" », note Isabelle Avenas-Payan, vice-présidente des Ingénieurs et scientifiques de France (IESF), coordinatrice nationale du programme Promotion des métiers de l'ingénieur et du scientifique (PMIS). Tant qu'elles ne sont pas plus nombreuses dans les entreprises, les écarts jouent en leur défaveur, notamment en matière de salaire ou de niveau de responsabilité.
Le plafond de verre persiste
Les salaires médians des hommes ingénieurs en 2010 soulignent une majoration de 5 % pour les hommes en début de carrière, qui va jusqu'à 20 % chez les 45-49 ans (chiffre IESF). Une inégalité qui s'explique notamment par le fait que les femmes sont moins nombreuses à des postes de managers. La balance va-t-elle se rééquilibrer bientôt ? « Le nombre de femmes ingénieurs a rapidement évolué au cours de la dernière décennie, mais, depuis six ans environ, le pourcentage de filles en écoles d'ingénieurs stagne, constate Marie-Hélène Therre, présidente de Femmes Ingénieurs. Pourtant, beaucoup d'entreprises préparent le départ des baby-boomers et misent sur ces jeunes ingénieures. Les équipes se féminisent et vont se féminiser de plus en plus. »
Mais cela ne suffit pas. L'entreprise doit ensuite agir pour assurer une promotion égalitaire entre hommes et femmes. « Elles revoient leur processus RH en ce sens, mais ce n'est pas encore gagné partout », souligne Marie-Hélène Therre. La mixité est en marche.