Il ne porte ni gants ni masque. Le chirurgien est bien assis, le visage et les avant-bras calés, le poignet souple et concentré sur le maniement d'une console. Un léger tremblement ? Aucune incidence. Et pourtant, il opère. A distance. A l'Institut de cancérologie de l'Ouest René-Gauducheau, à Saint-Herblain, l'arrivée d'un robot chirurgical fait l'événement cette année. « Grâce à la cœlioscopie [intervention mini-invasive], on n'ouvrait déjà plus, explique le Pr Jean-Marc Classe, l'un des deux spécialistes formés à l'outil. Mais là, on rentre l'œil, via une caméra, et tous les instruments dans l'organisme ! Cela mérite au moins d'être évalué. »
Hospitalisation raccourcie
Au bout des quatre bras articulés de la machine peuvent être fixés une cinquantaine d'instruments. A quelques mètres du patient, la précision du geste respecte mieux certaines muqueuses, autorise des sutures plus assurées... Et la cicatrice quasi inexistante raccourcit le temps d'hospitalisation, rapportée à trois-quatre jours au lieu de dix à douze...
Le robot travaille tous les quinze jours. Il se cantonne aux cancers gynécologiques et de la prostate, mais les équipes du centre s'entraînent en chirurgie des cancers digestifs. L'objectif ? Une intervention par semaine en 2012.
Le robot a coûté 2 millions d'euros, dont 400 000 financés par la région. Des privés ont aussi mis la main à la poche : Synergie, Sodebo, Eram, Société générale...