Pour son deuxième championnat du monde avec les Bleues, la deuxième gardienne de l’équipe de France est contrainte d’innover. Comme le footballeur Edgar Davids, Cléopâtre Darleux joue avec des lunettes, depuis que le port des lentilles de contact lui a été interdit. L’été dernier, une bactérie lui a infecté la cornée et aurait pu l’aveugler si le problème n’avait été parfaitement soigné. En attendant une opération au laser, celle qui défiera la Suède lundi en huitième de finale du Mondial (à 18h30) avoue être légèrement gênée.
Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ce huitième de finale face à la Suède?
On est biens. On s’est bien préparées physiquement. On est quand même en confiance. On a une base de victoires rassurantes, avec de gros écarts, même si on a perdu un match contre le Brésil, qui était une erreur de parcours. Je pense que nous avons l’avantage psychologique face à la Suède. On monte en puissance. On est bien entrées dans la compétition. Par rapport aux années précédentes, je pense qu’on est plus régulières.
La Suède reste un adversaire largement à votre portée?
C’est un adversaire à notre portée, mais cette équipe est en pleine ascension, avec une très bonne base arrière. C’est une très bonne équipe, elle est quand même vice-championne d’Europe. Si on veut les battre, cela passe par une très bonne défense. Il faudra être en réussite sur tous les postes.
Depuis le début on sent Olivier Krumbholz assez tendu. Est-ce aussi votre avis?
Non, pas plus que d’habitude. Il est toujours comme ça. Mais là on joue un match très important. A haute pression. C’est qualificatif pour les Jeux. Ce sera de pire en pire de toute façon. J’espère juste que ça va bien se passer. On a à peu près les mêmes préparations de match que d’habitude. A l’entraînement, samedi matin, on fait une séance vraiment intense. Même s’il les séances ne durent qu’une heure, on y met beaucoup d’intensité. Le mot d’ordre, c’est de toujours travailler.
D’un point de vue personnel, comment jugez-vous votre début de compétition?
Plutôt bon. Je n’ai pas joué contre le Brésil, j’étais déçue, mais à part ça je suis contente. J’espère jouer face à la Suède.
C’est aussi votre première grande compétition avec les lunettes, est ce que cela change quelque chose pour vous?
Dans tous les cas, c’est gênant. Ce n’est pas comme si je n’avais rien. Je fais avec. J’ai un champ de vision beaucoup plus réduit, il y a la transpiration, la buée… Et puis, ça fait parler les gens. Mais je n’ai pas l’impression d’avoir plus de notoriété grâce à cela.
Vous pourriez être aveugle aujourd’hui?
Oui j’aurais pu perdre la vue. J’ai eu un abcès de la cornée à cause d’une bactérie dans ma lentille. Au début, j’ai eu un peu peur pour la suite de ma carrière. Mais aussi pour la vie de tous les jours. Puis on m’a bien soignée, j’ai connu une bonne guérison alors que pour le même problème certaines personnes ont perdu la vue.
Quelle pourrait être la solution?
J’ai moins 3 de myopie aux deux yeux. J’envisage une opération de la myopie l’année prochaine au laser parce que je ne peux plus mettre de lentilles.