La biodiversité, un mot bien compliqué pour une réalité simple: toutes les espèces animales et végétales qui peuplent la planète fonctionnent en système, ont des relations entre elles, et assurent chacune la survie de l’autre. Au «sommet» de ce système naturel, l’homme n’est pas une espèce à part et dépend de la biodiversité pour vivre. Quelques exemples pour comprendre pourquoi il est primordial de protéger la biodiversité.
Même si notre alimentation tend à contenir de plus en plus de produits chimiques, nous sommes dépendants de l’agriculture et de l’élevage pour nous nourrir. Et les plantes et les animaux, c’est de la biodiversité. «La diversité des fruits et légumes est le résultat d’une relation étroite entre les sociétés humaines et la diversité naturelle que l’on a orienté, explique Robert Barbault, directeur du Département Écologie et Gestion de la Biodiversité du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Tout ce qu’il y a sur les marchés, c’est de la diversité qui vient d’un système naturel transformé.»
Pour nous soigner, nous disposons aujourd’hui d’un arsenal de médicaments fabriqués dans des laboratoires de pointe. Mais à l’origine de tous ces remèdes, c’est la nature qui a fait l’ordonnance: «L’origine des médicaments, c’est d’abord une molécule naturelle créée par des espèces sauvages pour se protéger elles-mêmes, explique Robert Barbault. Ce sont les champignons ou les bactéries qui ont permis de créer des antibiotiques.» Et nous pourrions bien avoir besoin de ces molécules naturelles pour combattre les épidémies qui se propagent de plus en plus rapidement: c’est grâce à la badiane, qui sert aussi à fabriquer le Pastis, que le Tamiflu a pu être élaboré.
La nature ne chôme pas. Pour les industriels, les secrets de fabrication de nombreuses espèces sont source d’inspiration. «L’araignée fabrique de la soie quatre ou cinq fois plus résistante que l’acier, que les industriels essayent d’utiliser pour fabriquer des filins très résistants ou des gilets pare balles très souples», illustre Robert Barbault. L’économie a aussi une dette très importante envers la nature: «Le fonctionnement de la biodiversité joue un rôle important pour les activités humaines, par exemple les zones humides de marécages filtrent et purifient l’eau gratuitement, les abeilles assurent la pollinisation des plantes que nous mangeons. On peut remplacer ces services, mais ça coûterait très cher.»
Et si on appréciait la biodiversité simplement parce que la nature est belle? Les paysages de nos vacances, les animaux que nous admirons, les fleurs que nous faisons pousser sur nos balcons… «Il ne faut pas voir dans la nature que ce qui nous est utile car cette vision utilitariste est la cause de sa destruction, rappelle Robert Barbault. La biodiversité apporte aussi du plaisir.»
«La biodiversité est notre famille, on est issu de ça, assure Robert Barbault. On a fait croire à l’homme qu’il était en dehors de la nature, mais le concept de biodiversité permet de redécouvrir qu’on appartient à ce monde naturel, qu’on en dépend et qu’on en profite. Toute notre existence repose sur le tissu vivant planétaire.»
>> 20 Minutes suit la campagne de la Ligue ROC: interview d’Hubert Reeves, décryptages des enjeux liés à la biodiversité, questions aux candidats et résultats des questionnaires sont à suivre sur 20minutes.fr.