C'est une première en France : chaque station de ski du département vient d'élaborer son « Schéma de conciliation de la production de neige de culture avec la ressource en eau et avec les autres usages ». L'initiative revient à la Commission locale de l'eau (CLE) du Drac et de la Romanche, dont le président, Charles Galvin, vice-président du Conseil général, se trouvait gêné d'avoir à donner un avis sur les projets de retenue pour canons à neige : « Il nous fallait un outil objectivant le débat », a-t-il expliqué hier en le présentant aux élus et commissaires-enquêteurs.
Rouge = zone interdite
Chaque schéma se base sur une étude de la ressource locale en eau et des différents prélèvements effectués. Pour Saint-Pierre-de-Chartreuse, par exemple, il s'est agi de suivre les débits du Guiers et autres rivières à l'aval du domaine skiable, de localiser sur une carte les zones hydrographiques caractéristiques, les pistes se trouvant sur des bassins versants, ou encore les zones de captage d'eau potable et les ouvrages hydroélectriques… pour conclure par un zonage : en rouge, un secteur où « les prélèvements et les retenues d'altitude sont interdits » (une bande au nord de Saint-Hilaire et à l'est de Saint-Pierre-de-Chartreuse), en orange, un autre « présentant des enjeux sanitaires et environnementaux justifiant des précautions » (presque tout le territoire étudié) et, en vert, un dernier, ici assez restreint, où « aucun enjeu particulier lié à l'eau n'a été identifié ».
Les schémas comprennent aussi un point sur les enjeux économiques de la station (fréquentation, emploi, investissements…) ainsi qu'un guide pour d'éventuelles demandes d'autorisation de retenue. « Attention, il ne s'agit pas de recenser des projets à venir, ni de les favoriser », répond Christophe Sibieude, directeur de la CLE à un commissaire-enquêteur constatant que les perspectives liées au réchauffement climatique n'ont pas été prises en compte. « C'est une expérimentation, ajoute-t-il. Nous y apporterons des adaptations. »
La CLE du Drac et de la Romanche a fait réaliser une étude du coût de la neige de culture. Le montant moyen investi pour ces équipements est de 150 000 à 200 000 € / ha enneigé. En incluant les amortissements, un mètre cube de neige coûte de 2 à 2,50 €. Pour les retenues d'altitude, le stockage d'eau coûte de 20 à 30 € m3. Chaque saison, les canons produisent en moyenne 70 cm d'épaisseur de « poudre ».