Primaires républicaines: Newt Gingrich, un vieux briscard qui décolle au bon moment

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Publié le 6 décembre 2011.

POLITIQUE - L'ancien Speaker de la Chambre réalise une percée dans les sondages, alors que ses concurrents s'autodétruisent...

De notre correspondant à Los Angeles

Les présentateurs du 20h vont devoir (ré)apprendre à prononcer son nom. Newt Gingrich [Nout Guine-Gritch], 68 ans, décolle dans les sondages américains. Il vient même de doubler Mitt Romney, jusqu'ici favori pour décrocher l'investiture républicaine. Deux questions: sa popularité peut-elle durer; si oui, a-t-il une chance face à Obama.

Mai 2011. Gingrich est l'un des noms les plus en vue. Sa longue expérience au Congrès, où il fut Speaker de la Chambre, sous Bill Clinton, ses qualités de débatteur et sa capacité à lever des fonds en font un favori. Et puis il commet l'irréparable: en plein débat sur le budget, il critique la proposition du républicain Paul Ryan, expliquant que «les manipulations de droite sont aussi dangereuses que les manipulations de gauche.» Fox News, Rush Limbaugh et tous les conservateurs lui tombent dessus, l'accusant d'être un traitre. Peu de temps après, plusieurs membres de son équipe de campagne démissionnent, et il se trouve même forcé d'expliquer qu'il ne jette pas l'éponge.

L'ascension et la chute de ses concurrents

La seule certitude de la primaire républicaine, c'est son incertitude, explique Nate Silver, le Monsieur chiffres du blog FiveThirtyEight. Il y a d'abord eu la vague Michele Bachmann. Surfant sur le mouvement du Tea Party, elle a rapidement fait pschitt, à coup de déclarations dignes de Sarah Palin (récemment, elle inventait une ambassade américaine en Iran).

La flamme Rick Perry aura brûlé un peu plus longtemps, mais ses performances catastrophiques en débats et son récent trou noir, en direct, l'ont –pour l'instant– coulé. L'homme de l'automne, Herman Cain vient d'annoncer qu'il suspendait sa campagne alors qu'il fait face à des accusations de harcèlement sexuel. Il n'en fallait pas plus pour que Gingrich, suite à des débats télévisés solides, décolle, passant en un mois de 10 à 25% d'intentions de vote.

Deux gros points faibles: l'argent et les femmes

Sa percée arrive au meilleur moment, à moins d'un mois du premier scrutin, dans l'Iowa, le 3 janvier. Selon les experts, on semble s'orienter au niveau national vers un duel Romney/Gingrich, avec un Ron Paul capable de réaliser quelques coups, grâce à popularité chez les jeunes, et Rick Perry qui devrait être compétitif dans le sud.

Eduqué, porté sur l'international (adolescent, il a vécu quatre ans en France et en Allemagne lorsque son père adoptif y était stationné), cet historien de formation, a un avantage sur ses concurrents: il est présidentiable. Plutôt modéré sur des dossiers comme la santé et l'immigration, il pourrait ratisser large face à Barack Obama, surtout si l'économie tousse toujours.

Pourtant, les démocrates se frottent déjà les mains à l'idée de ressortir les casseroles de Gingrich. Le républicain en est à son troisième mariage, et il a la fâcheuse habitude d'épouser ses maitresses. Alors qu'il menait la charge contre Bill Clinton dans l'affaire Lewinsky, il avait une aventure avec une assistante de 23 ans sa cadette –ils sont aujourd'hui mariés.

Gingrich s'est surtout fait taper à plusieurs reprises sur les doigts par un comité d'éthique de la Chambre pour fraude fiscale et pour des violations de la loi sur le financement des partis politiques. Un comité auquel participait... la démocrate Nancy Pelosi. Lundi, elle a prévenu qu'elle se ferait une joie de se replonger dans ses notes, «le moment venu». Newt est prévenu.

Philippe Berry
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