Marseille: trois morts en une semaine dans des fusillades à la kalachnikov

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Publié le 3 décembre 2011.

MARSEILLE - Trois fusillades à la kalachnikov ont secoué Marseille et sa région en moins d'une semaine, faisant trois morts et deux blessés graves dans des affaires distinctes: course-poursuite entre cambrioleurs et policiers, braquage, et enfin un règlement de comptes.

Quelque 600 policiers en civil se sont rassemblés en silence vendredi devant la préfecture de police à Marseille, en soutien à leur collègue grièvement blessé à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), et après une série de fusillades cette semaine.

"On vient avant tout comme collègues. Cela fait depuis lundi qu'on se relaie à l'hôpital", a expliqué à l'AFP Stéphane, un policier de la brigade anticriminalité d'Aix-en-Provence, collègue d'Eric Lales, toujours entre la vie et la mort après avoir été victime d'une rafale de kalachnikov au terme d'une course-poursuite avec des cambrioleurs dans la nuit de dimanche à lundi.

Les policiers se sont massés progressivement à la mi-journée sous les fenêtres de la préfecture de police et de la préfecture du département. "Il a bien fallu qu'on en laisse au service!", a lancé un retardataire à des collègues en arrivant.

"Cela faisait plusieurs semaines que nous n'avions pas eu une telle série à Marseille", constatait vendredi le secrétaire régional du syndicat de police Alliance, David-Olivier Reverdy. Le préfet délégué à la Sécurité en Paca, Alain Gardère, déplorait quant à lui que ces trois affaires "entachent le travail des policiers au quotidien".

Jeudi vers 23H00, une fusillade a fait un mort et un blessé grave dans un snack du quartier Saint-Antoine (15e arrondissement), selon un mode opératoire faisant penser à "une exécution", a relaté une source proche de l'enquête.

D'après cette source, une grosse cylindrée, volée, s'est arrêtée devant la pizzeria. Le passager, cagoulé, vêtu de sombre et armé d'une kalachnikov, est sorti de la voiture en tirant en direction de la pizzeria, avant de pénétrer dans l'établissement où se trouvaient quatre personnes.

Ali Atia, 40 ans, est tombé sous les balles. L'homme, issu de la cité des Flamands et parent du propriétaire du snack, était connu de la justice pour 19 affaires et avait fait l'objet de 10 condamnations entre 1990 et 2010, la plus marquante datant de 1997 (quatre ans de prison ferme pour association de malfaiteurs), a précisé le procureur à Marseille, Jacques Dallest.

Un autre homme a été grièvement blessé à la tête. Agé de 31 ans, il travaillait dans le snack et "pourrait être une victime collatérale", a dit le procureur. Il est connu pour 15 affaires et a fait l'objet de six condamnations pour vol, violence, extorsion de fonds et outrage, selon la même source. Polytraumatisé et toujours en réanimation, il était vendredi soir dans un état jugé "préoccupant" par l'AP-HM (Assistance publique Hôpitaux de Marseille), son pronostic vital restant engagé.

"Dans cette affaire, on n'a pas de mobile clair à se stade", a dit le procureur.

Lundi, c'était un homme de 30 ans qui était tué par la police lors d'une fusillade au sortir du hold-up d'une enseigne de bricolage du 13e arrondissement, ses deux complices ayant ouvert le feu sur la police avec une kalachnikov. Les deux hommes ont été mis en examen vendredi et risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un malfaiteur avait été tué et un policier très grièvement blessé par une rafale de kalachnikov à l'issue d'une course-poursuite à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), après une série de cambriolages nocturnes.

Le fonctionnaire, un père de famille de 37 ans, se trouvait toujours entre la vie et la mort vendredi soir.

Pour M. Reverdy, qui s'inquiète du "climat général" ambiant, il ne doit cependant pas être fait d'"amalgame": "La fusillade de (jeudi) n'est qu'un règlement de comptes, tout ce qu'il y a de plus +banal+, même si encore une fois une arme de guerre a été utilisée."

M. Gardère regrette que ces affaires, au cours desquelles "des individus sans scrupules et inconscients utilisent des armes de guerre", masquent des "résultats plutôt bons pour le troisième mois consécutif" en terme de lutte contre la délinquance à Marseille.

Même réaction pour Roland Gauze, patron de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) à Marseille. Selon lui, au 1er décembre, son service a répertorié pour 2011 49 saisines pour homicides ou tentatives, contre 67 au 1er décembre 2010, soit une baisse de 26,9%. Il a également précisé que le taux d'élucidation pour ces affaires d'homicides était de 73%, "un bon résultat", a-t-il jugé.

© 2011 AFP
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