Tués en plein travail. Trois ouvriers d'Alstom, l'industriel du ferroviaire, ont été fauchés hier matin par la motrice d'un train en cours d'essai près de Bar-le-Duc (Meuse). Les trois hommes, qui faisaient partie d'une équipe de dix ouvriers du groupe, étaient en train de reballaster la voie, louée par Alstom à Réseau ferré de France (RFF). Ils sont morts sur le coup.
« Un milieu hostile »
La locomotive responsable de l'accident testait les rames d'une nouvelle génération de train régional Régiolis. « Les circonstances de ce drame ne sont pas établies à ce stade, a déclaré dans un communiqué le président d'Alstom Transport, Henri Poupart-Lafarge. Sans révéler l'identité des victimes, Alstom a précisé que « les pistes ne s'orientaient pas sur une défaillance technique ». Il semblerait que les ouvriers ne se soient pas méfiés. La voie sur laquelle ils travaillaient se trouvait à proximité de la ligne TGV Paris-Strasbourg, sur laquelle circulaient des trains. « Pour une raison que nous ignorons, il y a sans doute eu un gros problème de communication », explique le lieutenant-
colonel Guy Antoine, commandant en second du groupement de gendarmerie de la Meuse.
Un salarié d'Alstom, qui travaille depuis trente ans dans l'entreprise, a confié être « fortement perturbé » par l'accident. « Le niveau de sécurité se renforce de jour en jour chez Alstom. Je n'ai jamais connu d'événement comme celui-là », explique-t-il. Pourtant, malgré toutes les précautions, ce salarié reconnaît qu'il y a toujours « des impondérables » lors des essais. De son côté, la CFDT-Cheminots tient à rappeler que « le milieu ferroviaire reste un milieu hostile ». Selon Dominique Aubry, secrétaire général adjoint du syndicat, le chantier de l'accident « était manifestement insuffisamment protégé ».