PERPIGNAN - Fraude éléctorale à la chaussette à Perpignan : les prévenus nient la volonté de tricher

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Publié le 1 décembre 2011.

PERPIGNAN - Deux partisans de l'ancien maire UMP de Perpignan, Jean-Paul Alduy, ont été jugés jeudi dans la retentissante affaire de la "fraude à la chaussette" qui avait provoqué l'annulation des municipales de mars 2008, une audience où un "système politique" a aussi été sur la sellette.

Poursuivi pour fraude électorale, complicité et faux, Georges Garcia, frère d'un colistier de M. Alduy et président d'un bureau de vote, a nié toute intention d'avoir voulu frauder. Il a toutefois reconnu avoir voulu soustraire des enveloppes, glissées dans ses poches et sa chaussette, pour "faire coïncider le nombre de bulletins et celui des noms sur la liste d'émargement".

Marie-Madeleine Tjoyas, numéro deux de la liste Alduy, vice-présidente du bureau et soupçonnée d'avoir ajouté des paraphes sur cette liste, comme M. Garcia, a déclaré qu'elle "n'avait pas fait de signature".

Estimant que les résultats des expertises d'écriture des paraphes incriminés "n'étaient pas probants" le procureur Achille Kiriakides a demandé dans son réquisitoire la relaxe sur ce point pour les deux prévenus.

En revanche, il a requis 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour M. Garcia concernant les tripatouillages d'enveloppes et de bulletins, et la suppression de ses droits civiques pendant trois ans.

Le jugement a été mis en délibéré au 21 décembre.

Très volubile, mêlant le geste à la parole, M. Garcia avait expliqué à la barre comment il avait fourré les enveloppes dans ses poches et une chaussette, soulignant ses difficultés parce que ses poches étaient trop petites : "Si j'avais voulu frauder, j'aurais pris un vêtement avec des poches adéquates", a-t-il dit.

"Je n'ai rien signé, et je n'ai vu personne faire des signatures (...) Si je le savais je le dénoncerais", a-t-il par ailleurs affirmé concernant les paraphes, correspondant à des gens qui n'avaient pas voté.

Cinq candidats à l'élection, y compris M. Alduy, s'étaient portés parties civiles.

"A Lourdes, on fait voter les malades, à Perpignan, on fait voter les morts", s'est exclamé Me Philippe Lida, avocat de Jean Codognès, candidat divers gauche.

Parlant d'un "rabaissement du suffrage universel à la hauteur d'une chaussette", il a demandé comme réparation un euro symbolique, comme 4 des 5 avocats des parties civiles.

Seul Me Etienne Nicolau, représentant la candidate PS, Jacqueline Amiel-Donat, a réclamé plus : 48.000 euros en défraiement des frais de la seconde campagne électorale qui a dû être menée en raison de l'annulation du scrutin.

"Ce procès a une importance historique" parce qu'il rappelle que "les Pyrénées-Orientales ont la réputation d'être une zone de non-droit et de clientélisme", a souligné M. Codognès.

"C'est un système que vous jugez là", a insisté Me Christopher Poloni, avocat de l'ancien candidat du Front national, Louis Aliot.

"J'ai vu la dérision de la démocratie", a estimé Me Lida, "le système politique est en accusation", a lancé Me Nicolau. "C'est une pièce de théâtre dont on aurait pu rire si le sujet n'était pas aussi grave que le système électoral", a lancé de son côté Me David Dupetit, avocat de Clotilde Ripoull (ex-MoDem).

Deux des parties civiles, MM. Alduy et Aliot, étaient absents au procès.

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