«C'est une victoire ». Hier à la sortie du tribunal administratif de Lyon, Olivia Emin exultait. L'avocate des parents d'élèves de l'ancien lycée Jean Moulin (5e) sait que la partie est en passe d'être gagnée. Dans un mois, le tribunal rendra son verdict mais l'audience d'hier lui a donné quelques signes d'espoir. Le rapporteur public, celui qui en général oriente la décision du tribunal, a estimé que la fermeture du lycée Jean Moulin pour transférer les élèves vers celui de Saint-Just situé juste en face, ne s'était pas faite dans les règles. « Pour fermer un établissement comme celui-là, il faut l'accord du rectorat et celui du conseil régional. Or la région ne s'est jamais prononcée sur le sujet, explique Olivia Emin. Dans quelques semaines, le tribunal pourrait tout simplement annuler cette fermeture ».
Délibéré dans un mois
« Si le tribunal statue en notre faveur, nous serions très heureux, déclare Michel Maillot, l'un des porte-paroles du collectif de parents d'élèves. Mais cette décision arriverait un peu tard. Maintenant que nos enfants sont scolarisés dans un autre lycée, je ne vois pas comment on pourrait les transférer à nouveau ». Une difficulté soulignée par le rapporteur durant l'audience. Longtemps opposés à la fusion des deux établissements scolaires et à la fermeture du lycée Jean Moulin, les parents émettent de nombreuses réserves sur le bien fondé de ce regroupement. « Pour accueillir des classes de 36 personnes, le lycée Saint-Just a dû agrandir les salles de cours au détriment des couloirs devenus trop étroits. Imaginez quatre classes qui doivent être évacuées dans un espace de 80 centimètres de large ». D'autres parents, à l'image de Jean Chaussade soulignent une baisse de qualité dans l'enseignement. « On a recensé une centaine d'élèves qui ont dû abandonner leurs options de l'an passé, en raison d'un emploi du temps trop chargé cette année. L'égalité des chances pour tous n'est pas assurée ».
Depuis le mois de septembre Jean-Moulin et Saint-Just ne forment plus qu'une seule cité scolaire. Les collégiens de Saint-Just ont donc traversé la rue pour aller grossir les rangs de son rival, passant de 600 à 950 élèves. A l‘inverse, les lycéens de Jean Moulin ont intégré Saint-Just qui devient l'un des plus gros lycées du Rhône avec 1 500 élèves.