Informatique: Les datacenters innovent pour consommer moins d'énergie

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Publié le 24 novembre 2011.

TECHNOLOGIE - Les centres de données informatiques sont de véritables gouffres énergétiques qui essaient de devenir plus verts...

Climatiser grâce à l'air extérieur ou souffler l'air chaud produit par les serveurs dans une serre: les centres d'hébergement informatique, gouffres énergétiques, innovent de plus en plus pour limiter leur impact environnemental et consommer moins d'électricité. «Le problème c'est qu'un datacenter consomme souvent énormément d'énergie en-dehors de celle, indispensable, destinée à alimenter les systèmes informatiques. Alors si on utilise trois fois cette énergie pour refroidir les serveurs, quel gaspillage», résume à l'AFP Jean-Michel Rodriguez, architecte en chef chez IBM France.

L’air froid suédois pour rafraîchir les datacenters

Jeudi, un datacenter «nouvelle génération» a été inauguré à Champs-sur-Marne (Ile-de-France), qui utilise quasi-exclusivement l'air extérieur pour refroidir les serveurs informatiques des sociétés qu'il héberge. «C'est le premier de ce type construit en tour pour faciliter la circulation de l'air ambiant. Les étages, séparés par des caillebotis, laissent passer les flux d'air qui sont mis sous pression par de gros ventilateurs et remontent dans des colonnes de refroidissement», explique Nicolas Aubé, PDG de la société Celeste, propriétaire du site. «Nous économisons 35% d'énergie par rapport à un datacenter classique, l'équivalent de la consommation annuelle d'un immeuble de bureaux de 150.000 m2», selon lui.

Baptisé «Marilyn» --clin d'oeil à Marilyn Monroe et sa jupe soulevée par l'air d'une bouche de métro-- le centre fonctionne sans eau de refroidissement, une première, et utilisera pendant 80% de l'année exclusivement l'air extérieur pour climatiser ses 600 m2 de salles informatiques. En Suède, la ville de Luleaa, proche du cercle polaire, va héberger un centre géant de traitement de données du groupe Facebook et compte attirer d'autres centres grâce à son climat.

«Les datacenters représentent quand même une énorme concentration de dépense d'énergie»

La maîtrise de la température est vitale pour un datacenter où les serveurs produisent une énorme masse de chaleur: en cas de panne, «en une minute, le thermomètre peut grimper de plusieurs degrés», estime Stéphane Duproz, directeur général France de l'opérateur international Telecity. Illustration: mardi, le site de la société Level3 à Nanterre a été privé de système de refroidissement après une rupture de canalisation d'eau. La température a dépassé en quelques heures les 50 degrés et de nombreux serveurs ont été arrêtés, provoquant le black-out de plusieurs sites internet français. «Si la plupart des sites sécurisent leur alimentation électrique en la doublant entièrement, ce n'est pas toujours le cas pour la climatisation qui restent encore leur grande faiblesse» en cas de panne, souligne Jean-Marc Muller, responsable des infrastructures chez Capgemini.

Outre la maîtrise du refroidissement, d'autres techniques favorisent les économies, comme aligner des serveurs pour leur faire tous «cracher» l'air chaud du même côté, les «compartimenter» dans différentes salles selon la chaleur qu'ils produisent ou exposer les plus résistants à des températures supérieures à la moyenne pratiquée. La chaleur produite par les machines peut aussi être réutilisée, pour chauffer des locaux ou même un arboretum comme sur le site de Telecity à Aubervilliers. «Nous injectons l'air chaud dans une verrière que nous maintenons à 10 degrés minimum et où poussent plusieurs centaines d'arbres et plantes dans le cadre d'un projet avec l'INRA (Institut national de la recherche agronomique)», précise Stéphane Duproz. «Certes on parle de datacenters verts, mais ces deux termes sont à la base antinomiques car les datacenters représentent quand même une énorme concentration de dépense d'énergie», souligne Jean-Marc Muller de Capgemini. «Ils permettent aussi de regrouper des serveurs d'entreprises qui sinon, chacun de leur côté, consommeraient plus au final», estime de son côté Stéphane Duproz.

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