A seulement 27 ans, Alexandra Bugnon-Murys, opératrice en salle de commande à la centrale nucléaire EDF de Paluel (Seine-Maritime), vient de recevoir le prix Fem'energia, qui récompense son parcours professionnel dans ce secteur. « Ce prix m'a flattée et prouve que les femmes ont bel et bien un rôle à jouer dans le nucléaire », déclare cette diplômée de l'Ecam, également titulaire d'un master recherche spécialisé en énergétique et physique nucléaire. Après avoir démarré comme ingénieure « études technico-commerciales » au sein du service assainissement démantèlement de Bouygues Travaux Publics, elle a passé un an sur le projet de construction du nouveau sarcophage isolant le réacteur de Tchernobyl. Avant d'entrer chez EDF comme opératrice en salle de commande. « Je compare ma mission actuelle à celle d'un pilote d'avion. Je dois contrôler tous les paramètres de la centrale pour m'assurer que nous respections les règles de sûreté dans la production de l'électricité. » Un poste généralement occupé par des hommes : « Mon service compte 4 femmes sur 380 personnes. Mais j'ai été bien accueillie. Car l'essentiel pour se faire accepter est de montrer que l'on est crédible à son poste. » Et peu importe, son rythme de travail en trois-huit, rien n'entame son enthousiasme : « Je sais aussi que le nucléaire fait peur à beaucoup et j'essaye de rassurer mes proches », ajoute-t-elle. Au mois de juin prochain, elle devrait devenir chef d'exploitation après avoir suivi dix-huit mois de formation. « J'aurais alors la responsabilité de deux réacteurs et je managerais une vingtaine de personnes », se réjouit-elle.