Actrices pornos », un tatouage social » indélébile ? C'est la problématique de « Rhabillage », reportage coréalisé par Ovidie et Jean-Jacques Beineix. Nina Roberts, Brigitte Lahaie ou Coralie Trinh Thi témoignent de la difficile reconversion.
Pourquoi ce film ?
C'est militant. ça fait onze ans que j'ai fait mes preuves dans un autre domaine professionnel que celui d'écarter les jambes, pourtant je reste présentée comme « Ovidie star du X ». Je voudrais qu'après la diffusion, les femmes virées de leur travail quand on découvre leur passé puissent aller aux prud'hommes.
Certaines ont refusé de témoigner...
Une quinzaine. Elles ne veulent pas réapparaître. Pour moi aussi, la décision a été dure. J'ai pris deux insultes sexistes ce matin, mais il y a dix ans, c'était pire. J'ai peur que ça recommence vendredi !
Ce sujet est-il traité par les médias ?
Non. Les journalistes n'auraient pas pu aller filmer les filles. Moi, ce sont mes amies. On est toutes très méfiantes, on a été ridiculisées par les médias, montrées comme des bêtes de foire. Ce qui n'est pas le cas pour les hommes. C'est ce qu'a compris « Envoyé spécial ». Ce qui les intéressait ce n'était pas les pornos stars mais un sujet féministe.
Les médias ont toujours agi ainsi ?
En 2000, il y a eu une médiatisation de certaines. Mais en 2002, une directive du CSA a demandé de ne plus présenter la pornographie de manière complaisante. Les pornos stars sont devenues persona non grata. Avant, je pouvais aller chez « Campus » parler intelligemment de pornographie. Maintenant, c'est « plongez dans l'univers effroyable du X… ».