Révélation 20 Minutes : Quand la Commission européenne refusait d'enquêter sur Clearstream

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Publié le 2 mai 2006.

Alors que l'enquête judiciaire ne cesse de rebondir, 20 Minutes révèle l'intervention dans ce dossier d'un ancien commissaire européen devenu célèbre en France : Frits Bolkestein.

C'est un invité surprise dans l'affaire Clearstream. Alors que l'enquête judiciaire ne cesse de rebondir, 20 Minutes révèle l'intervention dans ce dossier d'un ancien commissaire européen devenu célèbre en France : Frits Bolkestein.

Le Hollandais est intervenu lors de deux épisodes. Le dernier remonte à moins d'un an. En mai 2005, l'eurodéputé Paul Van Buitenen s'est indigné de la présence de Bolkestein au conseil consultatif international de la Menatep, un sulfureux établissement bancaire russe, et de ses travaux pour Shell, compagnie pétrolière anglo-néerlandaise. Soit deux entreprises « possédant des comptes secrets auprès de Clearstream », la société luxembourgeoise accusée de camoufler des transactions financières illégales. Van Buitenen, lui aussi hollandais, a alors demandé à la Commission européenne des « éclaircissements » et l'ouverture d'une enquête parlementaire. Réponse du président de la Commission, José Manuel Barroso : ces faits « ne soulèvent aucune question nouvelle » et on ignore « si la Menatep a pris contact avec Bolkestein quand il était en fonction ». Aucune enquête n'a donc eu lieu.

Cette question soulevée par Van Buitenen est d'autant plus gênante à la lumière du premier épisode impliquant son compatriote. En 2001, c'est Bolkestein en personne qui a annoncé le refus de la Commission de lancer une enquête parlementaire sur Clearstream. La demande avait été formulée par Harlem Désir. L'eurodéputé français dénonçait devant la Commission, en s'appuyant sur le livre Révélation$ de Denis Robert, des « infractions graves » sur l'utilisation de systèmes financiers pour blanchir des capitaux. Il reprochait à la Menatep d'avoir ouvert un « compte non déclaré » chez Clearstream. Selon lui, « des montants très supérieurs au plafond autorisé ont été virés sur des comptes de Clearstream » et vers des centres offshore. Bolkestein rétorquait que le Luxembourg a une application « ample et correcte » des directives sur le blanchiment. Aucune commission d'enquête n'a donc été créée sur une affaire jugée interne au grand-duché. Joint hier, Frits Bolkestein n'a pas répondu à nos sollicitations.

L'affaire apparaît d'autant plus sérieuse que Van Buitenen, ancien fonctionnaire européen, a déjà révélé une vaste affaire de corruption en 1999, entraînant la démission de la Commission présidée par Jacques Santer et la chute d'Edith Cresson, mise en cause dans le dossier.

Arnaud Sagnard

©2006 20 minutes
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