Les salariés de PSA veulent un avenir

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Publié le 15 novembre 2011.

SOCIAL - Les ouvriers de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, menacée de fermeture, ont manifesté à Paris...

Lorsque Djilali traverse les tourniquets menant à la sortie de l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), il est chaleureusement ovationné par ses collègues. Pour la première fois, ce salarié, l’un des plus vieux du site, participe à la grève. Ce mardi matin, huit bus ont été affrétés par les syndicats pour emmener les salariés crier leur colère sous les fenêtres du patron du groupe, avenue de la Grande Armée (16e).

Fermeture de l’usine ?

Depuis plusieurs mois, les employés d’Aulnay sont dans l’incertitude. Période de chômage partiel à répétition, baisse du carnet de commandes, coupes sèches chez les intérimaires puis les CDD… Pour l’heure, le site d’Aulnay fabrique la C3 jusqu’en 2014. Mais après, qu’adviendra-t-il de l’usine? Les représentants du personnel entrevoient les prémices d’une fermeture. «Le groupe vient d’annoncer celle de l’usine de Melun-Sénart qui comptait 700 salariés en 2008. Après des départs volontaires et des mutations, il n’en restait que 60 hier. Aujourd’hui, c’est un plan de licenciement sec. C’est aussi ce qui attend Aulnay. Mais nous ne laisserons pas faire», scande Jeau-Pierre Mercier, délégué syndical CGT, à la sortie du comité central d’entreprise qui s’est tenu hier au siège du groupe. Pour Nourdine, qui travaille à la chaîne de montage, il faudrait aussi mobiliser les ingénieurs et les cadres de l’entreprise. «La moitié des postes qui vont être supprimés, ce sont les techniciens et ceux qui conçoivent les voitures. Aujourd’hui, où sont-ils? Ils ne font pas grève. Et pire, ils nous ont remplacés à l’usine», assure-t-il.
Désormais, les salariés attendent une réponse claire. «Car nous avons des crédits sur le dos. Il faut que nous anticipions. Alors, la direction a-t-elle l’intention de fermer l’usine d’Aulnay-sous-Bois? Oui ou non?», questionne Salah, un salarié, qui regrette le silence de la direction à ce sujet. «On ne peut pas tergiverser ainsi avec la vie de milliers de familles», s’indigne Claude Bartolone, président socialiste du conseil général du 93. «De toute façon, il faut se tirer d’ici. On n’a pas d’avenir dans cette boîte», glisse, résigné, un ouvrier.

William Molinié
Mots-clés
Emploi

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