Michel Portos savoure. De retour en Gironde hier, vingt-quatre heures après son titre de « meilleur cuisinier de l'année » 2012, décerné par la revue Gault et Millau, le chef du Saint-James à Bouliac a dû répondre aux nombreuses sollicitations dont il fait part. Mais c'est surtout parmi les siens, en cuisine, et avec ses clients qu'il a tenu à partager ce moment.
380 recettes au menu
en cinq ans
Puis viendra le temps de repartir en voyage. Michel Portos ne tient pas en place et c'est en parcourant le monde qu'il trouve ses inspirations. Sa prochaine destination sera Madrid, alors qu'il vient de boucler en deux mois Hong-Kong, Pékin et le Mexique. « C'est mon moteur, j'ai besoin de ça », confiait-il lundi à 20 Minutes. Des destinations exotiques dont on retrouve les saveurs dans les plats qu'il prépare. Et une soif de découvertes qui se manifeste dans ses cartes : « Mon ancien second m'a fait remarquer que nous avions proposé 380 recettes au menu en cinq ans. Chez moi, un plat ne reste jamais plus de deux mois. Et quand je dis qu'il ne reste pas, c'est que vous ne le reverrez plus du tout. Je m'ennuie à reproduire les mêmes choses.»
Un état d'esprit qui n'entame en rien la fidélité et la détermination de Michel Portos. Il raconte être arrivé dans le monde de la cuisine « sur le tard ». « Mon père, aujourd'hui décédé, voulait que je sois expert-comptable. Je ne voulais pas. Je me suis orienté vers un CAP cuisinier, d'abord sans véritable conviction, puis j'ai très vite voulu faire ce métier à haut niveau. Mon père trouvait que ce n'était pas un vrai métier, on ne s'est plus parlé pendant dix ans, mais je suis resté sur ma décision. La suite m'a donné raison. Après mon passage chez TroisGros j'ai obtenu ma première étoile. Finalement, il m'a dit qu'il avait eu tort. »
Michel Portos fêtera ses dix ans au Saint-James l'année prochaine. Avec une troisième étoile en cadeau d'anniversaire ?