L'affaire remonte à l'automne 2009. Lors d'un match de foot opposant les deux équipes de Weyersheim et Gambsheim, l'entraîneur de cette dernière avait été la cible d'insultes racistes. Jugé en mai 2010 devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, le supporter suspecté avait écopé d'un mois de prison avec sursis et 200 € d'amende. « Ce genre de faits est intolérable. Même si le phénomène est marginal, on en recense une dizaine par saison », a rapporté hier Ilan Blindermann, le directeur de la Ligue d'Alsace de football, alors que se tient, jusqu'à demain, la semaine contre le racisme et la violence dans le football.
Respect et fair-play
Selon les chiffres de l'Observatoire des comportements, 858 cas de violences ont été enregistrés en Alsace l'an dernier, dont 534 contre les arbitres (sur 61 000 matchs joués). « En juin dernier, on en dénombrait 382 à la mi-saison. Cela va des violences verbales (90 % des cas) aux coups et blessures », poursuit le directeur. Pour éviter les débordements, une cellule se réunit chaque semaine pour cibler les matchs à risques. « On envoie des médiateurs sur place pour gérer les situations », souligne Ilan Blindermann. Outre un volet répressif avec la signature de conventions avec les parquets alsaciens, des opérations de prévention sont mises en place pour inciter les plus jeunes au civisme et au fair-play. « On le pratique en ce moment avec le challenge “J'ai rêvé le foot”. On relève tous les faits marquants d'un match pour sensibiliser les joueurs au respect des règles afin d'arriver à bien se comporter sur le terrain », remarque Nourredine Aït-Mouloud, conseiller sportif de proximité à la Ligue. Du côté de la Licra, on reste vigilant. « Les actes de racisme sont surtout le fait de supporters pour déstabiliser un joueur. Mais ça ne doit pas se banaliser », explique Faiçal Amroune, le vice-président de la Licra (67), chargé des sports. Pour l'occasion, un match de gala a lieu demain, à 16 h, au stade de Lampertheim.