Interview de Julien, membre du collectif Génération Précaire, qui publie aujourd’hui «Sois stage et tais-toi»
Interview de Julien, membre du collectif Génération précaire, qui publie aujourd’hui «Sois stage et tais-toi» (éditions la Découverte). Le livre sort en plein débat sur l’emploi des jeunes. Est-ce un heureux hasard du calendrier ? Absolument. C’est le moment où jamais de propulser le problème des stages au coeur de l’actualité. Pour l’instant, on n’a obtenu du gouvernement qu’une Charte des stages non contraignante pour l’entreprise, et donc bidon. Cette fois, on bataille pour que la proposition de loi pour l’égalité des chances intègre la question des stages, qui détruisent trop d’emplois. Heureusement déjà, le CPE est mort, il aurait étendu à tous les jeunes les « non droits » du stagiaire.
Que pensez-vous justement des mesures adoptées ?
Le gouvernement veut faire du neuf avec du vieux. Mais ce ne sont que des « mesurettes », destinées à détourner le regard des Français de l’échec du CPE. Mais imaginer de payer l’entreprise pour qu’elle accepte de prendre des jeunes (une aide devrait être accordée aux employeurs qui embaucheront en CDI un jeune de 16 à 25 ans peu qualifié), c’est stupide et économiquement infaisable. Non, c’est sur le stage qu’il faut agir, car il y a là un gisement énorme d’emplois à libérer, et parce que c’est un facteur d’inégalité des chances et d’exclusion. Tous les jeunes ne peuvent pas se permettre de travailler gratuitement ou presque pendant plusieurs mois.
Alors que proposez-vous ? On milite pour la pénalisation de l’abus du stage, qui consisterait à coller une amende aux boîtes qui proposent des stages pour des durées excessives, en quantité abusive, et à des jeunes qui ont fini leurs études. On multiplie pour cela les contacts avec les députés, et trois propositions de loi (PS, PCF et UMP) sont actuellement à l’étude. Il est temps de prendre conscience que le stage doit permettre d’acquérir de l’expérience professionnelle, sans compromettre l’intégration professionnelle.
Recueilli par Laure de Charette