Au lendemain de sa victoire au Sénat, la gauche a mis en garde ce lundi la majorité contre le «hold-up» que constituerait à ses yeux la réélection à la présidence de la haute assemblée de l'UMP Gérard Larcher.
Une semaine de négociations s'ouvre pour le vote du 1er octobre lors de ce «troisième tour» de scrutin qui portera au «plateau» la personnalité appelée à remplacer le président en cas d'empêchement ou de décès. Malgré une cinglante défaite, la majorité croit encore en ses chances face au candidat socialiste Jean-Pierre Bel.
Le président du groupe PS au Sénat devra composer dans son propre camp avec la candidature de Catherine Tasca, ancienne ministre de la Culture et de la Communication de Lionel Jospin.
Gérard Larcher a annoncé dès dimanche soir, alors que la gauche célébrait une prise historique (177 sénateurs, soit deux de plus que la majorité absolue), qu'il était candidat à sa propre succession. Mais le ton a changé ce lundi. Un conseiller de Gérard Larcher a confié à publicsenat.fr que le président entendait «sortir la tête haute» et refuserait tractations et débauchages. L'élection d'un président de droite à la tête d'une chambre de gauche ferait mauvais effet aux yeux de l'opinion, concède-t-on au sein de la majorité présidentielle.
Le député UMP de la Mayenne, Yannick Favennec, a ainsi jugé «pitoyable», sur son compte Twitter, la volonté de Gérard Larcher de se représenter. Le sénateur UMP de la Vienne Jean-Pierre Raffarin n'est pas de cet avis. «Je ne crois pas que la probabilité de la victoire pour la présidence du Sénat soit dans le camp du Parti socialiste», a-t-il dit sur France Info.
Le fait que l'Elysée ait décidé de maintenir Gérard Longuet, élu dimanche dans la Meuse, au ministère de la Défense montre que la présidence n'entend pas sauver à tout prix le «plateau». Chantal Jouanno en revanche a renoncé à son portefeuille des Sports pour siéger au Sénat. David Douillet la remplace.
Martine Aubry a estimé que les «marchandages» au détriment de la gauche seraient impossibles. «Je pense qu'on a des sièges sûrs, c'est-à-dire soit d'hommes ou de femmes de gauche, soit d'hommes ou de femmes qui ont dit clairement qu'ils votaient avec la gauche», a-t-elle dit lors d'une visite de l'usine Renault de Sandouville, en Normandie.
Le nouveau Sénat, fort de 348 membres, compte 124 élus UMP, 18 divers droite, un élu du Mouvement pour la France (MPF), 12 Nouveau Centre, quatre MoDem, quatre élus du Parti radical, sept de l'Alliance centriste, un élu de la Gauche moderne, 123 élus PS, dix PRG, dix écologistes, 13 divers gauche, 20 élus communistes et un élu du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement. Le scrutin débutera samedi à 15h. La majorité absolue des suffrages exprimés est nécessaire aux deux premiers tours. La majorité relative suffit au troisième.