Gidy s'inquiète pourses emplois

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Publié le 26 septembre 2011.

mediator Le bourg du Loiret dépend beaucoup de l'usine du laboratoire pharmaceutique Servier

«Notre métier, c'est de produire des médicaments pour soigner. Nous en sommes fiers. » Trois énormes pancartes se dressent sur le rond-point à l'entrée de la petite ville de Gidy (Loiret). On pourrait croire qu'elles annoncent la devise de la ville. Et de fait, ce bourg de 1 500 habitants, est une sorte de « cité Servier ». Elle accueille la plus grande usine de fabrication de médicaments d'Europe : l'usine Servier. Avec ses 800 salariés, c'est le premier employeur, mais aussi le premier contributeur aux finances de la ville. Le « Gideum », l'énorme complexe sportif qui trône à l'autre bout du village, en est l'un des fruits. Une plaque à son entrée rappelle qu'il a été inauguré en 2000 par le maire de l'époque mais aussi par le Dr Jacques Servier. Dans le village, on raconte que c'est également grâce à cette usine que Gidy a été équipé très tôt de l'ADSL.

Des salariés muets
Les pancartes sont l'œuvre du comité d'entreprise de Servier, qui les a financées et installées. Elles comportent aussi une pétition de plusieurs centaines de signatures, ainsi qu'un second paragraphe : « S'il vous plaît, laissons la justice faire son travail en toute sérénité. » Le message est clair : les salariés ne veulent plus entendre parler du scandale du Mediator, qui frappe leur groupe depuis novembre 2010. C'est d'ailleurs l'une des rares fois où ils se seront exprimés depuis le début de l'affaire. Avant, comme après la pose des pancartes, tous refusent de parler, même les auteurs de la pétition. En un mot : tous craignent pour leur emploi. L'hypothèse d'un déménagement d'une partie de la production à l'étranger est d'ailleurs dans toutes les têtes. « Tout ce qu'on va gagner à s'acharner comme ça ,c'est que Servier va partir, s'inquiète Pascal, derrière son comptoir. A Romorantin [Loir-et-Cher], j'ai toujours connu l'usine Matra. Un jour, elle a fermé et d'un coup, les salariés ont tout perdu. Aujourd'hui il y a plus rien à « Romo », les gens sont partis. C'est ça qu'on veut aussi pour Gidy ?

envoyé spécial à Gidy,thibaut schepman
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