Divine surprise pour Xavier Bertrand. L’Insee a annoncé jeudi une baisse du taux de chômage de 0,1% entre les mois d’avril et de juin à 9,1%. Par voie de communiqué, le ministre du Travail, de l’emploi et de la santé a pris acte de ce repli pour le deuxième trimestre consécutif, cohérent «avec les bons résultats enregistrés sur la même période en termes de création d’emploi (+68 300) et d’évolution de la masse salariale».
A priori, le gouvernement à de quoi se réjouir. En effet, le taux d’emploi des 55-64 ans est en hausse de 0,7% sur un trimestre et de 2,2% sur un an. Et, pour la première fois depuis le début de la crise, le taux d’emploi en CDI repart à la hausse et progresse de 0,2 point.
Hausse du sous-emploi
Pourtant, cette baisse du chômage s’accompagne d’une augmentation du sous-emploi qui touche désormais 5,1% des personnes en emploi contre 4,8% lors du premier trimestre, toujours selon les chiffres de l’Insee.
Plus inquiétant, il y a fort à parier que le taux de chômage reprenne le chemin de la hausse d’ici à la fin de l’année. En effet, depuis la fin du second trimestre, le nombre de demandeurs d’emplois ne cesse de bondir: +33.600 en juin et même +36.100 en juillet. Résultat, depuis février 2000, il n’y a jamais eu autant de chômeurs en France.
«La conjoncture médiocre doublée d’une politique d’austérité budgétaire laisse augurer un mauvais troisième trimestre», annonce Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.
Le taux de chômage à 9,5% d’ici à la fin 2011
Pourtant, Xavier Bertrand jure ses grands dieux que le taux de chômage repassera sous la barre psychologique des 9% d’ici à la fin de l’année. «Cela relève de l’incantation», souligne Mathieu Plane. L’OFCE anticipe d’ailleurs une aggravation à 9,4% fin 2011 et même 9,5% en 2012. Mauvaise nouvelle pour le gouvernement à l’approche de l'élection présidentielle alors que l’emploi reste la priorité numéro un des Français.