Jean-Michel Baylet: «La droite est plus unie que nous»

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Publié le 24 mars 2006.

Interview de Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG)

Vous plaidez pour un candidat unique de la gauche (PS-PC-Verts-MRC-PRG) à la présidentielle 2007. Où en êtes-vous dans cette tentative ?

Nulle part. Le PS est incapable de se choisir un leader et est agité de querelles indescriptibles. Que ce parti n'arrive pas à se rassembler lui-même, c'est ahurissant. Le reste de la gauche n'a pas non plus tiré d'enseignements du 21 avril 2002. Toutes les autres formations annoncent qu'elles auront un candidat. Je constate que les intérêts partisans sont plus forts que celui de la France.

Pourquoi vous époumoner alors que le calendrier de désignation du PS est figé et que les partis se sont prononcés ?

Je continue car je fais passer l'intérêt de la France avant le mien. Et la seule solution, ce sont des primaires. Je suis favorable au vote de tous les sympathisants de gauche, et pas seulement des militants, mais je suis prêt à me rallier à toute forme de primaires qui débouche sur un candidat unique de la gauche.

La situation de la gauche est comparable à l'avant-2002?

Elle est même pire, puisqu'en 2002 il y avait au moins un leader naturel qui se dégageait : Lionel Jospin. C'est un paradoxe. L'opinion publique est derrière la gauche, mais la droite est plus en ordre de bataille que nous. Avec la crise du CPE, il n'existe plus que Sarkozy pour la mener.

En cas d'accord, quel candidat PS préférez-vous ?

Je ne veux surtout pas que le PRG se mêle de ça ! Je constate simplement que Ségolène Royal et Lionel Jospin sont nettement au-dessus des autres quant aux chances de l'emporter.

S'il n'y a pas d'accord sur un candidat unique de la gauche, il y aura un candidat PRG ?

Oui, comme en 2002 où j'avais réclamé l'union – sans succès – en prévenant du danger. Personne ne nous avait entendus, et nous avions présenté Christiane Taubira.

Avec le risque d'éclatement des voix qui avait été fatal à Jospin...

En 2002, le PRG avait été le parti le plus loyal en ne critiquant jamais l'action du Premier ministre, contrairement aux Verts ou aux chevénementistes. C'est aussi le parti de l'ex-gauche plurielle qui avait fait le plus petit score. Il est fou de nous imputer plus qu'aux autres la défaite.

Votre éventuel candidat sera Bernard Tapie ?

C'est le meilleur candidat possible pour le PRG. Quand je suis sur le terrain, je constate combien ses coefficients de sympathie et de popularité sont élevés. Beaucoup d'électeurs me parlent de lui spontanément.

Sera-t-il d'accord ?

Cette hypothèse est crédible. Il y réfléchit. Lorsqu'on se rencontre, je sens bien que ce challenge l'intéresse, même si sa décision n'est pas prise, et qu'il penche même, pour l'instant, vers le non.

Cela donne l'impression d'un premier choix, Tapie, et qu'à défaut ce serait Taubira.

Non ! Ce serait très désagréable pour elle. Nous avons la chance d'avoir deux candidats potentiels de haut niveau, avec de grandes qualités.

Recueilli par Stéphane Colineau

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