Prêts à un mouvement de longue haleine. Quelque 220 000 personnes selon la police, 450 000 selon les organisateurs, ont réclamé hier le retrait du CPE dans les rues de France, avec un cortège parisien qui a rassemblé entre 23 000 et 50 000 manifestants, selon les sources. Si la mobilisation, principalement étudiante et lycéenne, a donc été inférieure à celle de jeudi dernier, elle reste identique à celle des autres journées d'action qui se multiplient depuis le 7 février. Quant à la détermination des jeunes, qui ont à leur actif un mois de grogne anti-CPE, elle semblait hier intacte. « Ce n'est pas qu'une manif de plus, c'est une sorte de bras de fer », a expliqué une lycéenne à Montpellier, tandis qu'un étudiant lui faisait écho à Paris, en affirmant que « le gouvernement ne craque pas, et nous non plus ». Dur contre dur, donc. « Cela va faire plus d'un mois qu'on est en grève. Si on laisse tomber maintenant, on aura tout perdu », expliquait un étudiant en arts plastiques. Alors que soixante-huit universités étaient encore bloquées ou perturbées hier selon le ministère de l'Education, soit neuf de plus que la veille.
Selon un sondage CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et iTélé, paru aujourd'hui, l'opinion se montre de plus en plus hostile au CPE. Hier, 66 % des Français se sont dits favorables au retrait du texte par Dominique de Villepin, contre 64 % la semaine dernière. L. d. C.