Déjà près de quatre semaines de cours ratés. L'organisation des examens universitaires, prévus fin mai-début juin, semble de plus en plus remise en cause par la persistance des blocages de facultés et la mobilisation anti-CPE. Hier, le ministre de l'Education nationale a déclaré qu'il fallait « envisager soit de rattraper les cours, soit, le cas échéant, de décaler les examens », peut-être en septembre. Gilles de Robien a qualifié de « préoccupant », le retard pris dans les universités.
Dans chaque établissement, les dates des examens sont fixées par son président. Sur le terrain, plusieurs facs commencent à s'organiser pour faire face. « Nous avons mis en place une commission qui étudie les scénarios possibles pour limiter les dégâts », explique-t-on à l'université de Rennes-II, une des premières mobilisées dans le pays. « Directeurs d'UFR, enseignants, personnel administratif réfléchissent, mais on pense mettre des cours en ligne sur Internet et aussi retarder les examens », précise-t-on. Idem à Nanterre à l'université Paris-X : examens repoussés et cours en ligne, et transformation de la semaine de mai traditionnellement consacrée aux révisions en une semaine de cours accélérés.
« Rien n'est encore irrémédiable, trois ou quatre semaines ont été perdues sur un semestre de quatre mois, c'est énorme, mais c'est gérable », estime Yannick Vallée, président de Grenoble-I et responsable de la conférence des présidents d'université. Cours de rattrapage les samedis et dimanches, vacances de Pâques sacrifiées, transformation du contrôle continu en examens terminaux... plusieurs possibilités sont envisagées.
Côté étudiants, on rejette en revanche le report des examens en septembre. « C'est du chantage pour dresser les étudiants grévistes et non grévistes les uns contre les autres », considère Sophie Binet, du syndicat Unef, à la pointe de la contestation.
Bastien Bonnefous