Elle est comme à la télé. Aussi pétillante que lorsqu’elle arborait sur la scène de Baltard sa moustache et ses collants fushia. Luce arrive, le tutoiement sur les lèvres, la fatigue du showcase de la veille cachée sous le fard rose, ravie de défendre son tout premier album, sorti un an après sa victoire lors de Nouvelle Star, le 15 juin dernier.
Et si ça ne marchait pas?
Je viens d’un milieu très modeste. On n’a jamais eu beaucoup d’argent mais on n’a jamais manqué de rien. Ma tête ne tournera jamais pour de la thune. Là c’est génial ce qui m’arrive, mais si ça ne dure pas je me débrouillerai. Je tenterai une école de théâtre, je redescendrai dans le Sud, je reprendrai mon école d’infirmière, ou j’irai voyager. Je ne dis pas que ce serait facile, mais je m’adapterai. Je n’ai que 21 ans, hein.
D’ailleurs certains titres de l’album sont très enfantins, d’autres très sensuels, entre l’enfance et l’âge adulte.
Je me sens entre les deux. Je n’ai pas très envie de grandir, je sens que ça devient chiant après, je l’assume. Et en même temps j’ai de plus en plus de responsabilités, surtout avec Nouvelle Star, qui m’a faite grandir beaucoup plus vite.
Ca m’a agacée au début. Par exemple l’équipe ne comprenait pas que je ne veuille pas m’installer à Paris. Mais j’ai toute ma famille et mes potes dans le Sud, ce qui est un argument assez lourd pour être entendu. Je n’étais pas prête, maintenant si.
J’essaie de trouver l’équilibre et l’album le reflète. Je ne voulais pas m’enfermer dans un seul style musical. Je me retrouve autant dans «Happée Coulée», titre vachement dance que dans « j’me fume» vachement gainsbourien.
Les collaborations sont aussi éclectiques: d’Orelsan à Philippe Katerine...
Philippe Katerine était la première personne que j’ai voulue rencontrer. Il a accepté. Il est arrivé au premier rendez-vous avec une casquette rouge, une chemise hawaïenne et un pantalon blanc. J’étais super contente et très intimidée. C’est pas évident de rencontrer quelqu’un qu’on a dans son iPod. Il a même dit qu’il me connaissait, s’intéressait à l’émission: il avait déjà travaillé avec Christophe Willem. On s’est vachement bien entendus. Il m’a apporté exactement ce que je voulais.
Et Orelsan?
C’est plus mon directeur artistique qui m’a dirigée vers Orel. Je connaissais sa musique, j’avais entendu les polémiques - ma Tati avait manifesté contre un de ses concerts à Perpignan. Mais moi je m’étais dit qu’il jouait un rôle et que les gens n’avaient pas saisi le second degré.
Le rap c’est ton truc?
J’en écoute: Fatal Bazooka, Eminem... C’est une manière particulière de construire les textes, d’envisager la musique. Je n’avais pas envie de m’en passer sur ce premier album. Et travailler avec Orel, c’était un moment super cool.
Des envies pour le prochain album?
Je me dis que c’est cool si je peux défendre le premier. Mais s’il y a un deuxième, je me dis que ce serait pas mal d’écrire quatre titres complets, après en avoir co-écrit quatre sur le premier. Je pense aussi à des gens comme Brigitte Fontaine, Sébastien Tellier. Ce sont aussi ceux que j’écoute en ce moment.
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