Affaire des quotas: le résumé complet des faits

Publié le 5 mai 2011.

FOOTBALL - Le point sur l'affaire qui secoue tout le football français depuis jeudi...

Une semaine après le début de la polémique, le point sur une affaire qui pourrait faire exploser la Fédération française de football et entraîner la démission de Laurent Blanc...

D’où sort l’affaire? Le jeudi 28 avril, vers 18h, le site d’information Mediapart lâche une bombe. Dans une longue enquête, il est révélé que lors d’une réunion technique à Ouistreham, le 8 novembre 2010, François Blaquart, le directeur technique national se dit «tout à fait favorable» au projet de «limiter» le nombre de joueurs d’origine étrangère formés en France qui choisissent finalement une autre sélection.

Egalement présents, Laurent Blanc, le sélectionneur national, et Erick Mombaerts, celui des Espoirs, valident ce projet. Le seul à s’élever contre cette idée est Francis Smerecki, entraîneur des U20. Mais le tollé est quand même général, sur fond d’accusations de racisme. Tout le week-end, de communiqués en conférences de presse, tous les intervenants sans exception, jusqu’à Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, s’expliquent. A la hâte, François Blaquart est «suspendu». Deux enquêtes, l’une lancée par le ministère des Sports et l’autre par la FFF, sont lancées. C’est le début du «quotagate».

L’enquête? Depuis mardi, trois enquêteurs de l’Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS) et trois autres diligentés par la FFF, sous la présidence de Patrick Braouezec, multiplient les auditions au siège de la fédération, boulevard Grenelle, à Paris. Après avoir travaillé ensemble les deux premiers jours, les deux missions enquêtent maintenant chacune de leur côté. Le but est de déterminer si la conversation au sujet des quotas a bien eu lieu. Mais aussi de déterminer qui a pu transmettre l’enregistrement à la presse. Les 18 participants à la fameuse réunion du 8 novembre vont tous être entendus, jusqu’à Laurent Blanc, parti se reposer en Italie, qui devrait passer sur le grill vendredi ou samedi.

Une chose est sûre:  c’est Mohamed Belkacemi, cadre technique en charge du «football des quartiers», qui a enregistré la conversation, avant de la transmettre à André Provosto, un proche de Fernand Duchaussoy. Le boss de la FFF jure qu’il n’a été mis au courant que jeudi, quand l’affaire est sortie. Et menace même de représailles judiciaires ceux qui soutiendraient le contraire. Les conclusions des deux enquêtes seront connues en début de semaine prochaine.

Que risquent les intervenants? Si les faits sont avérés, les premières sanctions seront d’ordre administratif: mise à pied voire licenciement pour faute grave. Par ailleurs, le dossier pourrait même se retrouver devant la justice pénale pour discriminations. Les dégâts seraient aussi considérables pour Laurent Blanc, qui semble très atteint par ces accusations. S’il s’avère qu’il a effectivement projeté, avec la DTN, d’instaurer des quotas ethniques dans les sélections de jeunes, sa position deviendrait intenable.

Mais au-delà de son avenir sportif, c’est son image qui en sortirait écornée. Dix mois après Knysna, le nouveau séisme qui frappe la FFF pourrait surtout achever l’équipe qui est arrivée aux commandes dans la foulée du fiasco sud-africain. Le 18 juin se tiendront en effet les élections pour la présidence de la fédération. Et les soupçons de manipulation se multiplient: pourquoi l’affaire ne sort que maintenant, à trois semaines d’une échéance cruciale à la FFF. Pour le moment, Fernand Duchaussoy assure qu’il n’a jamais été mis au courant. Si tel est le cas, cela veut dire qu’il n’est pas informé d’un débat grave qui agite ses cadres techniques. En clair, même s’il est de bonne fois, sa candidature à sa propre succession est plombée par le «quotagate».

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A.M.
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