Teddy Riner: «Il faut marquer son territoire»

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Publié le 23 avril 2011.

INTERVIEW - Le champion du champion du monde des lourds s'aligne aux championnats d'Europe, samedi...

Pas la peine de faire un régime pour des championnats d’Europe. Teddy Riner (137 kilos) hors compétition n’a pas l’intention d’atteindre son poids de forme avant de monter sur le tapis à Istanbul, étape obligée avant les Mondiaux de Paris (en août) et les JO de Londres en 2012. Le poids lourd français y va pour gagner, mais il ne se trompe pas d’objectif à long terme.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette compétition, quatre mois avant les Mondiaux de Paris?

C’est une étape cruciale pour arriver aux Mondiaux, puis aux Jeux olympiques. Il faut marquer son territoire. J’y vais pour gagner, faire un bilan et voir ce qu’il me reste à travailler. Il va falloir se tester, se jauger par rapport aux autres combattants. Ça reste un championnat relevé avec de bons judokas qui se mettront en travers de mon chemin. Il faudra répondre présent.

Pourquoi vous aligner cette année alors que vous avez fait l’impasse les années précédentes?

Parce qu’on approche des Jeux. Et avant cela, il y a des championnats du monde à Paris. Il faut prendre les meilleurs, revenir sur la scène internationale pour progresser. Et gagner. Je ne fais pas du judo pour gagner des tournois. Mais des titres, dont les Jeux olympiques.

Vos principaux rivaux sont Japonais et Egyptiens. Au niveau européen, le plateau est-il relevé?

Il est très relevé. Tout le monde est présent. Moi je trouve que les meilleurs se trouvent en Europe. Les Russes sont là, les Allemands, les Néerlandais. Quand on regarde les premiers de la «ranking list», il y a beaucoup d’Européens.

N’est-il pas lassant d’être constamment l’homme à battre?

Moi, à chaque fois que je monte sur le tapis, je remets toujours les compteurs à zéro. Je me dis que je n’ai pas de titre, je dois me donner à fond et je ne me dis pas que je suis l’homme à abattre.

Si vous deviez connaître la défaite, ce serait un échec?

La défaite, je ne connais pas (il rit). Non, ce ne sera pas forcément une contre-performance, cela dépend des combats. Si je devais perdre ça me permettra de travailler encore plus et d’arriver au top aux championnats du monde. La dernière défaite que j’ai connue (en finale des championnats du monde toutes catégories), au Japon, m’a permis d’avancer dans la tête. Il a fallu savoir pourquoi ça s’est passé comme ça. J’ai travaillé contre ce type de combattant face à qui il est difficile de trouver la solution. Ça ne m’arrivera pas deux fois. J’ai beaucoup appris. Mais je ne le cache pas, en quittant le Japon, je voulais arrêter le judo.

Vous imposerez-vous un poids de forme autour de 125kg comme pour les grands championnats?

Non, je ne suis pas trop affûté. Pour ces championnats, je serais à 135kg, quelque chose comme ça. Je sentirais la différence sur mes jambes et le bas du dos. Mais je suis prêt. Parce que j’ai envie. Je n’aime pas perdre et même si je ne suis pas bien, la fierté va m’aider à faire le travail. Le jour de la compétition, je sais ce que j’ai à faire. Etre concentré et mettre des ippons.

Avez-vous l’impression de bien vous préparer en France où il n’y a pas beaucoup de lourds à l’entraînement?

Mais si, il y a énormément de lourds. Enfin, une petite dizaine, ça suffit. Dans une séance on fait entre huit et dix combats. Et même s’il n’y en a pas assez, mes entraîneurs m’en mettent deux dans le même combat et ça travaille. Et si j’en ai marre de prendre des lourds, je vais avec des légers et là je m’adapte, ça bouge, on se fait plaisir.

Propos recueillis par Romain Scotto
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