Coup dur pour le parc des Calanques. Deux institutions, proches de l’État, viennent de rendre des avis très négatifs sur le projet de parc national. Le conseil national de protection de la nature, institution émanant du ministère de l’Écologie, s’inquiète dans son rapport «du manque d’ambition du projet, considéré comme en deçà des attentes d’un parc national». L’institution regrette notamment «la réduction de la zone de cœur», à l’intérieur duquel les règles sont les plus contraignantes. Elle s’étonne par exemple que Port Miou ne soit pas inscrite en cœur de parc. D’autres critiques sont formulées par le comité interministériel des parcs nationaux (CIPN). Et non des moindres: le projet, en tant que tel, ne pourrait recevoir l’assentiment du conseil d’État, qui décidera in fine de la création ou non du parc, estime le CIPN. Ce dernier s’interroge lui aussi sur les choix de zonage du parc entre cœur et «aire d’adhésion», ou les contraintes seront moins importantes.
Le CIPN considère également que le conseil d’administration du futur parc ne «devrait pas dépasser une quarantaine de membres». Ce qui supposerait de laisser sur la touche une partie des usagers actuels des calanques. «Quand on ne fait pas de concertation on nous injurie, et quand on en fait, on nous le reproche…», réagit-on au GIP Calanques, groupement chargé d’élaborer le projet de parc. Alors que l’État, sous le ministère de Jean-Louis Borloo, avait validé facilement le travail du GIP, il semble qu’il soit plus «exigeant», note le GIP, depuis l’arrivée de Nathalie Kosciusko-Morizet au ministère de l’Écologie. «Que l’État fasse son arbitrage», tranche le GIP. Une réunion avec le préfet est prévue dans les prochains jours pour mettre au clair la position de l’État dans le dossier. Au GIP, on espère que le calendrier sera tenu: une création du parc avant la fin de l’année 2011. Car au-delà, les échéances politiques (législatives et présidentielle), pourraient retarder encore ce projet vieux de douze ans.