Devenir végétarien ou faire un régime Dukan? Entre diététique et écologie, il va falloir choisir. Une étude du cabinet Greenext, spécialiste du calcul de l’impact environnemental des produits de grande consommation, et du Credoc , met pour la première fois en évidence les émissions de CO2 provoquées par différents types de régimes alimentaires. Les régimes hyper-protéinés, à base de viande et poisson, sont les plus gros émetteurs de carbone, mais la quantité d’aliments consommée entre aussi en jeu dans l’impact carbone de nos assiettes.
Les 2.000 calories quotidiennes d’un Français émettent en moyenne 1.524kg de CO2 par an. Pour ceux qui ont des régimes spéciaux, les impacts varient du simple au triple: alors que 2.000 calories apportées par un régime végétarien n’émettent que 966kg de CO2 par an, ces mêmes 2.000 calories seront la source de 3.537kg de CO2 dans un régime hyper-protéiné.
«La viande rouge a un impact en CO2 élevé mais c’est aussi la meilleure source de fer pour l’homme», commente Serge Michels, directeur général de l’agence Protéines, commanditaire de l’étude. «D’autres aliments comme les végétaux ont un impact carbone par calorie relativement important», ajoute-t-il. Les écolos se tromperaient-ils en mangeant 500 grammes de salade verte plutôt que 50 grammes de steak? Oui, si l’on se base uniquement sur le ratio quantité de CO2 émise par nombre de calories. «Si on cherchait à se nourrir des aliments qui auraient le plus faible impact carbone par calorie apportée, on devrait privilégier des nourritures grasses comme les chips par exemple», explique Serge Michels.
L’étude révèle toutefois que la majorité des Français, les 39% que le Credoc qualifie de «gastronomes à la française» sont ceux qui ont le coût carbone le plus faible: 3,8kg de CO2 émis en moyenne par jour. «Ce sont les gens qui mangent raisonnablement de tout, et cela correspond au régime PNNS (Plan national nutrition santé) qui conseille de manger trois produits laitiers, cinq fruits et légumes par jour et de diversifier son alimentation», précise Serge Michels.
Au-delà du type d’aliments consommés, l’étude montre logiquement que la quantité d’aliments consommée joue pour moitié dans les différences d’impact carbone. Près de 42% des personnes en surpoids ont un coût carbone élevé, contre seulement 31% des maigres. La quantité explique aussi la différence entre les hommes et les femmes: 50% des hommes et seulement 20% des femmes ont un mauvais bilan carbone à table.
Basée sur la méthodologie de l’Ademe, l’étude ne prend pas en compte la consommation d’aliments bio ou non, ni leur provenance. Seul le mode de conservation (surgelé, conserve,…) a été intégré dans les calculs.