Duclos-Lassalle, l'amoureux de Paris-Roubaix

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Publié le 6 avril 2011.

CYCLISME - L'ancien coureur français s'est imposé dans l'Enfer du Nord en 1992 et 1993...

Quand il répond au téléphone, Gilbert Duclos-Lassalle ne joue pas les étonnés. «Depuis dix-huit ans, dès que Paris-Roubaix arrive, on m'appelle pour en parler», avoue l'ancien cycliste professionnel. Mais le double vainqueur de l'épreuve (1 992 et 1 993) ne s'en formalise pas. Au contraire, chargé aujourd'hui des relations extérieures sur les courses cyclistes organisées par ASO, Duclos-Lasalle adore parler de la reine des classiques. «Pour ceux qui l'aiment, c'est la plus belle des courses. C'est mon terrain de prédilection. Il y a même le secteur pavé de Cysoing qui porte mon nom. Mes deux victoires à Roubaix ont tellement marqué les gens que le reste de mon palmarès est un peu oublié.»

«Il ne faut jamais s'affoler»
Reste que l'ex-coureur n'en garde aucune rancœur. Mieux, grâce à ses exploits sur les pavés, l'homme du Sud-Ouest s'est même amouraché de la région. «D'ailleurs, dès que je replie une carte de France, le Béarn et le Nord se touchent», sourit «Gibus». Une histoire d'amour qui a débuté en 1978 dès sa première participation. «Jean-Pierre Danguillaume, mon leader chez Peugeot, m'avait fait croire que le Vélodrome serait fermé si j'arrivais en retard. J'ai cru à ses conneries. Finalement j'ai fini 28e et à l'arrivée Danguillaume, qui avait abandonné, m'a dit : “Môme, tu fais partie des grands de Roubaix car quand tu es arrivé, le Vélodrome était encore ouvert.” A partir de là, le virus ne m'a plus quitté», raconte Duclos. Même s'il aura dû patienter quatorze années pour s'y imposer à 37 ans. «C'est toujours un coureur d'expérience qui gagne Paris-Roubaix. C'est une course à l'usure. Il ne faut jamais s'affoler et ne surtout pas se mettre dans le rouge. Vous pouvez tomber dans la tranchée d'Arenberg et gagner la course». Et les deux gros pavés qui trônent dans son salon sont là pour en témoigner… et parfois même intriguer. « Il y a peu, ma fille a reçu chez nous une étudiante canadienne. Quand elle a vu les pavés, elle lui a demandé : “Pourquoi tes parents ont mis des cailloux en exposition dans leur salon ?” Après lui avoir expliqué, je suis devenu à ses yeux un grand monsieur», conclut Monsieur Paris-Roubaix.

François Launay, à Lille
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