Quelques heures après un nouvel incendie sur le site de Fukushima, le personnel de la centrale a été temporairement évacué et les hélicoptères n’ont pas pu disperser l’acide borique censé limiter les réactions chimiques après une forte élévation de la radioactivité dans la zone. Que peut-il se passer maintenant?
Le cœur de ce réacteur est «partiellement endommagé» explique l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). La situation est aggravée par l’état de l’enceinte de confinement: le gouvernement japonais «émet des doutes» sur son intégrité «à la suite d’un dégagement de vapeur actuellement visible». Si l’origine de ce nuage est encore à déterminer, l’IRSN avertit qu’une rupture de la cuve qui abrite le cœur du réacteur entraînerait rapidement la rupture de l’enceinte et provoquerait «un accroissement des rejets radioactifs, accompagnés de phénomènes explosifs».
La piscine qui sert à stocker les combustibles usés est en ébullition. Si de l’eau froide ne peut pas être ajoutée, notamment car les équipes ne peuvent approcher de la zone en raison des radiations qui atteignaient 400 millisieverts par heure mardi soir, les combustibles usés pourraient fondre. « Dans ce cas, les rejets radioactifs correspondants seraient bien supérieurs aux rejets survenus jusqu’à présent», précise l’IRSN.
Même inquiétude pour les piscines des réacteurs 5 et 6 dont la température augmente lentement et qui «pourraient entrer en ébullition sous quelques jours».
Les Japonais continuent à injecter de l’eau de mer pour faire tomber la température dans les cuves des réacteurs 1 et 2, dont les cœurs sont endommagés respectivement à hauteur de 70% et 33%. Mais l’eau injectée bout et pour éviter une explosion interne, il faut relâcher la vapeur dans l’air. Cette vapeur contient des éléments radioactifs.
L’enceinte de confinement du réacteur 1 «est maintenue intègre» selon l’IRSN, mais celle du réacteur 2 est endommagée. «Cela implique des rejets radioactifs non filtrés dans l’environnement», déclare l’IRSN. Si l’injection d’eau dans la cuve ne permettait pas de refroidir le cœur du réacteur 2, l’enceinte affaiblie pourrait se rompre et «un accroissement des rejets radioactifs serait à craindre», explique, prudente, l’IRSN.