TOULOUSE - Deux partisans de l'ancien maire UMP de Perpignan, Jean-Paul Alduy, vont être jugés pour leur implication présumée dans une retentissante affaire de fraude électorale ayant conduit à annuler les municipales de 2008, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Les juges chargés d'instruire l'affaire viennent de renvoyer devant le tribunal correctionnel Georges Garcia et Marie-Madeleine Tjoyas pour fraude électorale ou complicité de fraude électorale, et faux.
Georges Garcia a valu à cette affaire, qui avait provoqué un tollé, son nom de "fraude à la chaussette" : au cours du dépouillement du second tour, des bulletins avaient été retrouvés dans ses chaussettes et ses poches, alors qu'il présidait le bureau de vote numéro quatre et qu'il était le frère d'un colistier de Jean-Paul Alduy.
Mme Tjoyas, elle, était vice-présidente du même bureau et numéro deux sur la liste de Jean-Paul Alduy, maire sortant. Devenue deuxième adjointe avant l'annulation des élections, elle avait démissionné après sa mise en examen.
Le procès ne devrait pas avoir lieu avant la rentrée de septembre, a indiqué le procureur de Perpignan, Jean-Pierre Dreno.
La fraude avait indigné l'opposition et conduit la justice administrative à annuler les municipales que la liste de Jean-Paul Alduy avait remportées de seulement 574 voix contre la liste d'union gauche-MoDem.
La liste UMP a gagné les nouvelles élections organisées en 2009. M. Alduy a été réélu maire. Mais il a annoncé sa démission la même année et cédé la place à Jean-Marc Pujol (UMP), toujours en place.
S'estimant victime de la "fraude à la chaussette", Jean-Paul Alduy s'est constitué partie civile dans l'affaire. Sénateur, il préside la communauté d'agglomération.
M. Garcia répondra devant le tribunal correctionnel de substitution de bulletins, Marie-Madeleine Tjoyas de complicité. Tous deux comparaîtront par ailleurs pour imitation de signature. La fraude ne se serait en effet pas arrêtée à l'ajout de bulletins; des signatures d'électeurs qui ne s'étaient pas déplacés auraient été contrefaites sur les listes d'émargement.
Le parquet avait requis le seul renvoi de Georges Garcia devant les juges. Il a cependant indiqué jeudi renoncer à faire appel de l'ordonnance de renvoi des magistrats instructeurs.