Les auteurs de BD ne respectent vraiment rien. La 38e édition du Festival d'Angoulême s'est ouverte hier dans un esprit frondeur et rigolard. Baru, proclamé cette année « président de ces sans-gêne culottés », a inauguré son exposition devant une statue renversée de Lénine. Un comble pour ce natif du bassin de Lorraine qui prétend avoir grandi dans un milieu ouvrier communiste et militant.
Des gamins chahuteurs ont parachevé l'outrage en arrachant une main à la pauvre effigie. En écho à ces affronts en cascade, les employés de L'Association eux mènent une véritable grève (lire encadré).
Crime de lèse-Mickey
Sur l'autre rive de la Charente, au musée de la BD, l'exposition « Parodies » commet un crime de lèse-Mickey en présentant, sur son affiche dessinée par Gotlib, un Superman invulnérable aux balles… mais pas aux tartes à la crème.
Les collégiens restent de marbre face à l'humour pince-sans-rire de Snoopy, mais se précipitent au stand des éditions Panini pour poser, dans des positions effrontées, devant un Hulk en résine grandeur nature. Alors qu'auteurs et pros de la BD arrivaient hier au compte-gouttes, la ville était livrée, comme chaque année au premier jour du festival, à des hordes d'ados. « Ah, ah, le Troll, il ressemble à notre prof d'Anglais ! », s'esclaffait Jordan en entrant dans l'exposition vedette « Le monde de Troy », consacrée à la célèbre série des éditions Soleil.
Grève de la dédicace à l'Association
Sur le stand de L'Association, la plus célèbre des maisons d'édition indépendantes françaises (Marjane Satrapi, Lewis Trondheim, David B. y ont éclos), on ne trouvait hier aucun l'album. Une partie du personnel, en grève contre un plan social, réclame plus de transparence de la part de leur direction. Aucune séance de dédicaces ne devrait avoir lieu durant le festival.