Dans le prolongement de la rue de la Colombette, deux obélisques de briques rouges ouvrent la voie de l’éternité. Mardi, jour de la Toussaint, les visiteurs afflueront par l’entrée pharaonique de Terre-Cabade, le plus ancien cimetière municipal de Toulouse. Pour saluer leurs morts, ils emprunteront la grande allée bordée de pins parasols dessinée en 1844 par Urbain Vitry, grand architecte du département. Les curieux doivent avancer à petits pas pour découvrir les 30 000 tombes réparties sur trente hectares. « Une véritable ville des morts, où sont enterrés poètes, artistes et hommes politiques célèbres du xixe siècle », explique Sonia Ruiz, guide conférencière d’Arthémis, l’association chargée d’organiser les visites de ce cimetière.
Sur le chemin de Callibens, un temple grec, grandiose et inattendu, abrite le tombeau du père de la houille blanche, Aristide Bergès, et de sa femme. « Il a été le premier à utiliser la force de l’eau pour produire de l’électricité », conte la guide. Plus au centre, les époux Ducis reposent sous des colonnes de marbre noir autrefois gardées par un squelette. Une sépulture à hauteur de leur fortune acquise dans les casinos et à laquelle on doit notamment la maison de retraite de Casselardit.
Loin de ce faste, derrière le buste en bronze de Marcel Langer, héros de la résistance, une petite dame s’apprête à déposer des bégonias sur une tombe déjà noyée sous les fleurs et les ex-voto. La sépulture est celle de sainte Héléna de Soutade, une ancienne institutrice d’une école des Minimes, plus connue pour ses dons de guérisseuse. « Elle exauce beaucoup de voeux, surtout pour la guérison », s’empresse de préciser sa gardienne, qui la visite quotidiennement depuis 1979, suite à un miracle. D’autres tombes, anonymes, sont à l’abandon. « Les noms de ceux qui y reposent ont été retirés, mais les concessions étaient louées à perpétuité, explique Sonia Ruiz. Leur souvenir menace de disparaître. » Catherine Léhé
Prochaine visite le 5 novembre. Rendez-vous à 15 h à l’entrée.
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