L’un est abattu, l’autre soulagé. L’ex-conseiller général RPR Didier Schuller, principal prévenu dans le dossier des HLM des Hauts-de-Seine, a été condamné hier à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Créteil. Le député-maire (UMP) de Levallois-Perret, Patrick Balkany, lui, a été relaxé. Ce jugement constitue l’épilogue provisoire d’une affaire qui a démarré il y a plus de dix ans et a été marquée par la fuite de Didier Schuller en République dominicaine et la tentative de déstabilisation du juge Eric Halphen.
Le tribunal a prononcé une peine plus lourde que celle requise par le parquet à l’encontre de Didier Schuller. Ce dernier a été reconnu coupable d’avoir fait financer illégalement son activité politique à Clichy – ville qu’il voulait conquérir – par des entreprises, en contrepartie de marchés de l’office HLM du département dont il était le directeur général. Outre cinq ans de prison dont trois avec sursis, il a également été condamné à une amende de 150 000 e ainsi qu’à la privation de ses droits civiques pendant cinq ans, l’excluant de la vie politique. Laissé libre à l’issue de l’audience, puisqu’il a fait appel de sa condamnation, l’ancien conseiller général s’est dit « très abattu » par le jugement, estimant qu’il « payait » pour sa fuite de 1995 à 2002 et mettant à nouveau en cause un « cabinet noir » de la campagne de Jacques Chirac. « Je considère que je n’étais qu’un steward de la compagnie aérienne et quand on veut faire porter la charge d’un crash à un steward, ce n’est pas normal », a-t-il ajouté. Il a désigné le RPR comme étant cette « compagnie aérienne » dont Jacques Chirac était le « président » et Alain Juppé le « commandant de bord », les accusant tous de « lâcheté ».
Didier Schuller s’est enfin ironiquement réjoui que « la très grande honnêteté de Patrick Balkany ait été reconnue par la justice ».
© 20 minutes
« heureux » Patrick Balkany s’est déclaré « heureux et soulagé » après ce jugement et espère qu’il s’agit pour lui d’une « réhabilitation ».