Doucement mais sûrement, la musique numérique prend de l’ampleur. Les ventes digitales -légales- de titres musicaux représentent désormais 19% des ventes de musique enregistrée. Soit un bon de 14,2% sur les neuf premiers mois de l’année 2010, par rapport à la même période en 2009, selon des chiffres fournis mardi par le Syndicat national de l'Edition phonographique (Snep).
Streaming et téléchargement
Un album sur 10 est désormais vendu sous forme de téléchargement. Les ventes de singles ont également profité du développement du téléchargement légal: le nombre de titre vendus enregistre une hausse de 29,1% de ses ventes numériques. Côté recette, la tendance est également à la hausse: les revenus numériques du premier semestre 2010 ont représenté 42.9 millions d’euros, soit une progression de 12 % par rapport au premier semestre 2009.
Dans le détail, on s’aperçoit que le marché du numérique est en pleine mutation. Les sonneries téléphoniques, anciennes locomotives des ventes de musique digitales, ont reculé de 24,6% et semblent désormais en fin de cycle. Au contraire, les revenus du téléchargement (+17,3%) et ceux des abonnements et du streaming (+22%) progressent fortement, souligne le Snep.
Hadopi
Pas de quoi sabler le champagne pour autant. Ces bons chiffres ne compensent toujours pas l’érosion du CD dont les ventes reculent encore de 5,4%. Un coup de massue pour les professionnels. En janvier dernier, le Snep avait pourtant prévenu qu’après une année 2009 historiquement basse, le disque ne pouvait pas tomber plus bas. En tout, les revenus générés par les ventes, tous supports confondus (physique + numérique), ont même légèrement reculé de 2,2% pour s’établir à 340,2 millions d'euros, entre janvier et septembre 2010.
Mais le Snep se veut confiant et place de grands espoirs en l’Hadopi. Les premiers courriels d'avertissement de l'Hadopi ayant été envoyés début octobre, le syndicat donne rendez-vous dans 6 mois à un an pour tirer le bilan.