L'Europe parlera-t-elle d'une seule voix à Nagoya?

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Publié le 18 octobre 2010.

PLANETE - La délégation européenne représentera les 27 Etats membres lors du sommet sur la biodiversité...

Après l’échec du sommet de Copenhague, l’Europe a une carte à jouer à Nagoya. En l’absence des Etats-Unis, non signataires de la Convention sur la diversité biologique qui réunit les 193 pays signataires au Japon à partir de lundi, l’Union européenne pourrait jouer un rôle important dans la réussite ou l’échec des négociations. Mais entre la position du Conseil de l’Union européenne, les préconisations du Parlement européen et les politiques des Etats membres, difficile d’établir une position forte et claire de l’Europe.

La biodiversité comme prétexte

La délégation européenne à Nagoya, représentant les 27 Etats membres, sera guidée par la position définie par le Conseil de l’UE. En ce qui concerne les objectifs de la convention sur la biodiversité à l’horizon 2020, l’Union européenne a rappelé sa détermination à freiner la perte de biodiversité en l’intégrant dans les décisions locales, régionales et nationales. Mais selon la sénatrice (Verts) Marie-Christine Blandin, la France en est encore loin: «Avec le grand emprunt, le gouvernement se prépare à orienter 35 milliards d’euros vers des projets sans aucun critère de biodiversité: bétonnage, OGM,...».

Quant à la manière d’atteindre ces objectifs, le Parlement européen a invité le Conseil de l’Europe et les Etats membres «à soutenir des sous-objectifs mesurables, ambitieux, réalistes et assortis d’échéances»: protéger au moins 20% des terres et eaux, restaurer 15% au moins des écosystèmes dégradés ou supprimer les subventions néfastes pour la biodiversité. La PAC (politique agricole commune) serait donc directement visée. Mais pour Sandrine Bélier, députée européenne (Europe Ecologie), la stratégie pour la biodiversité serait un prétexte: «On va utiliser les accords de Nagoya pour diminuer les montants des subventions à l’agriculture, mais la vraie raison c’est qu’avec la crise, les caisses sont vides».

Une position européenne tiède

L’Europe devrait également soutenir la mise en place de nouveaux financements pour préserver la biodiversité, notamment avec l’évaluation comptable des services rendus par la biodiversité, ainsi que la signature d’un protocole sur l’accès et le partage des ressources génétiques issues de la biodiversité. Mais sans réclamer la rétroactivité de cette dernière mesure, qui obligerait les entreprises ayant déjà déposé des brevets sur certaines ressources naturelles à indemniser les populations locales ou les pays «fournisseurs».

Une position tiède qui laissera certainement la part belle aux lobbys politiques ou industriels: si les Etats-Unis ne seront pas présents à Nagoya en tant qu’Etat, les firmes américaines seront elles bien là pour défendre leurs intérêts.

A.C.
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