Le froid arrête le pompage de la poche d'eau de Saint-Gervais

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Publié le 5 octobre 2010.

PLANETE - Située sous un glacier du Mont-Blanc, elle menace la vallée d'inondations...

«Le mauvais temps, la neige, le risque d'avalanche arrivent. On ne va pas faire prendre des risques humains aux équipes sur place». Le maire de Saint-Gervais, en Haute-Savoie, préfère rester prudent et interrompre les premiers travaux de pompage d'une vaste poche d'eau située sous un glacier du massif du Mont-Blanc. Les travaux, débutés en août, s'achèveront la semaine du 11 octobre en raison de l'arrivée du froid, et le chantier, situé à plus de 3.000 mètres d’altitude, sera «démonté».

Des solutions pérennes à l’étude

L'interruption pour l'hiver des travaux de pompage intervient alors que «le risque de catastrophe s'est éloigné», précise Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais. La cavité va continuer à se remplir d'eau mais certainement moins qu'en été grâce au gel qui diminuera l'infiltration.

Pendant l'hiver, les responsables du chantier vont réfléchir à «un moyen pérenne permettant une purge naturelle de l'eau du glacier», a-t-il ajouté. Parmi les hypothèses envisagées, figure celle de creuser «un drain subhorizontal» permettant à l'eau de s'évacuer normalement.

Au printemps 2011, un nouveau forage devrait être effectué pour mesurer le volume de la cavité et «voir à quelle vitesse elle se remplit», a précisé Jean-Marc Peillex.

70% du volume de la poche ont été pompés

Depuis le 26 août, «près de 45.000 m3» d'eau ont été pompés, soit 70% du volume total de la poche permettant de faire baisser la pression à 1,5 bar, alors qu’elle était de huit bars en juillet..

La poche d'eau, dont l'existence a été établie par des études du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), mesure 65.000 m3 et se trouve sous le glacier de Tête-rousse, situé sur la voie normale d'ascension du Mont-Blanc et fréquenté par de nombreux touristes.

Les travaux, évalués à plus de deux millions d'euros, subventionnés à 80% par l'Europe et l'Etat, sont destinés à éviter que la poche d'eau ne se déverse dans la vallée de Saint-Gervais. En cas de rupture, elle pourrait s'écouler en quinze à trente minutes et près de 3.000 personnes «pourraient être concernées», selon le maire.

A.C. avec AFP
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