Après le flash-ball et ses balles en caoutchouc, le Taser et ses 50 000 volts. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a présenté hier deux nouveaux équipements des forces de l’ordre : le pistolet paralysant Taser X26 et les caméras embarquées pour filmer les interventions policières.
Le Taser X26, déjà utilisé outre-Atlantique, administre une décharge de 50 000 volts à 2 milliampères. Le corps de la victime est alors parcouru pendant cinq secondes par près de 80 ondes électriques. La visée par laser est efficace jusqu’à 6,50 m, assure son fabricant. Quelques centaines de ces pistolets sont déjà testés par des unités du GIGN, du Raid ou des brigades anticriminalité. Soixante autres Taser et vingt caméras seront fournis à la fin 2005 aux gendarmes intervenant en « zones périurbaines ». Et le ministère de l’Intérieur compte livrer 3 000 pistolets en 2007 – à 1 000 e pièce.
Pour les syndicats de policiers, le Taser est une « arme anti-bavures » qui maîtrise sa cible sans « effet secondaire ». Chaque pistolet est équipé d’une boîte noire enregistrant la date, l’heure et la durée de la décharge, ainsi que d’une mini-caméra avec micro.
Des organisations de défense des droits de l’homme sont plus sceptiques, comme Amnesty international, qui a demandé une étude sur les effets de cette arme. L’ONG affirme que depuis trois ans, le Taser a provoqué la mort de 60 personnes aux Etats-Unis et 9 au Canada. A plusieurs reprises, il s’agissait d’individus ayant des problèmes cardiaques ou étant sous l’emprise de drogues. Les utilisateurs de l’arme recevront une formation, promet la Place Beauvau. Avec notamment comme conseil de « s’assurer que la cible n’est pas en surplomb d’un immeuble ou d’un escalier ».
© 20 minutes