Les zombies continuent de faire un massacre

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Publié le 28 septembre 2010.

TENDANCE - Les morts-vivants nous font encore marcher. Quel est le secret de leur longévité?...

Les zombies semblent éternels. Julien Pouget, l'organisateur du Zombie Day, qui aura le lieu le 31 octobre à Lyon, s'en étonne presque: «Nous en sommes déjà à la quatrième marche, où les gens viennent maquillés en morts-vivants. L'engouement n'est pas retombé. Les zombies, c'est la génération "no future" d'aujourd'hui, comme les punks dans les années 1980.» Même nos icônes ont été réduites en lambeaux: people (Catherine Deneuve, Brad Pitt…) croqués par Frederik Peeters dans ses «Portraits as Living Deads» ou superhéros se goûtant entre eux dans la série Marvel Zombies, dont le tome 6 est à paraître début octobre chez Panini Comics.

Si lent et pourtant si proche

Effrayant, le mort-vivant est pourtant maltraité dans les jeux vidéo. Pour mieux s'en moquer. Dans «Dead Rising 2», il déguste des coups de poing ou de plots de signalisation. Dans «Plantes contre zombies», qui vient d'être adapté pour le Xbox Live, des végétaux lui en font baver. Le concepteur de ce jeu de défense l'avait choisi pour sa lenteur, qui le rendrait presque inoffensif. Si lent, et pourtant si proche. Il avait une famille avant! Pour l'Américan Max Brooks, auteur d'ouvrages sur le sujet, ils se traînent toujours en masse, parce que «les zombies sont une bonne métaphore des craintes à grande échelle de notre planète: le terrorisme, les épidémies, les krachs économiques…»

Et comme l'apocalypse est toujours à venir, le voilà bien parti pour durer ce zombie moderne, celui que le réalisateur George Romero a fait naître en 1968, avec La Nuit des morts-vivants. «On n'a jamais statué sur le sens du zombie, explique Jean-Baptiste Thoret, auteur de Politique des zombies. L'Amérique selon George A. Romero (Ellipses). Quelle est son identité? Pourquoi il est là?» Le mort-vivant lui-même l'ignore, tout en se nourrissant des problématiques de son époque. Thoret poursuit: «Il peut alors refléter une dimension politique – incarner une minorité –, ou re­présenter la mauvaise conscience, ce qu'on a enterré et qui fait son retour.»

Joël Métreau

«Dead rising 2»

«Quand on a un danger en face de soi, on ne réfléchit pas à la bêtise d'utiliser un coussin ou un ours en peluche comme arme. Les zombies vous poussent dans vos retranchements», raconte Keiji Inafune, producteur de «Dead Rising 2», qui vient de sortir sur Xbox 360, PS3 et PC. Face à une horde de zombies en liberté, le héros de ce jeu va donc se servir de tout ce qui lui tombe sous la main. «Beat them all» teinté d'humour noir, cette suite plus rythmée se joue aussi en coopération via Internet.

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