AB, Max Havelaar, MSC... Dans la forêt de labels qui envahit les rayons des magasins, le consommateur est bien souvent perdu. Une étude britannique, menée par une association de consommateurs sur un panel de 1.000 personnes, révèle que sept consommateurs sur dix accorderaient plus d’attention à l’impact environnemental des produits si les labels étaient plus clairs et si leur sens était mieux expliqué.
Les consommateurs interrogés se sont déclarés «dépassés et embrouillés» par le foisonnement de labels écologiques et éthiques. L’étude montre que les critères des labels sont «peu compris», et que souvent le label lui-même n’est pas identifié par les consommateurs, qui achètent sans se soucier de sa présence sur le produit. Cette méconnaissance laisse la voie libre à des logos divers et variés arguant de qualités écologiques non assurées par un cahier des charges et des équipes d’auditeurs, comme c’est le cas pour les labels.
Le commerce équitable s’en sort mieux que le bio: selon l’étude, le label «Fairtrade» (Max Havelaar en France) est reconnu par 82% des consommateurs britanniques. En revanche, les labels biologiques ou durables restent encore obscurs: par exemple, seuls 6% des consommateurs connaissent le label MSC (Marine stewardship council) qui garantit une pêche «durable».
Plus important que le label, la qualité et le prix des produits restent les principaux critères d’achats (92% des consommateurs les citent comme prioritaires dans leur décision). La protection de l’environnement et le bien-être des animaux restent secondaires. Pour près de la moitié des personnes interrogées, il y a déjà trop de caractéristiques à prendre en compte quand on achète un produit (équilibre nutritionnel, quantité, prix, emballage,...) pour pouvoir se concentrer sur l’impact environnemental.
Une étude menée en France en mai 2009 par le cabinet Ethicity révélait que 65% des Français estiment qu’il y a trop de labels pour les produits durables et que cette profusion d’informations tend à créer la confusion. Des preuves concrètes plutôt que des étiquettes, voilà ce que les consommateurs souhaitent.