Baroin foule aux pieds le droit du sol

Publié le 4 mars 2006.
Né en France, mais pas français ? Le ministre de l’Outre-mer, François Baroin, estime qu’il « faudrait envisager » de remettre en question le droit du sol pour accéder à la nationalité française dans « certaines collectivités d’outre-mer ». Cette déclaration, faite samedi au Figaro Magazine, a déclenché une vive polémique. Selon le ministre, il s’agirait d’un moyen de lutter contre l’immigration clandestine dans ces départements. François Baroin étudie à Mayotte la possibilité de limiter à « un an après la naissance de l’enfant la période pendant laquelle un Français peut reconnaître un enfant naturel dont la mère est étrangère ». Il a toutefois souligné qu’il n’imaginait pas un « calque » de cette mesure en métropole. Associations et partis de gauche se sont indignés. SOS Racisme estime que « le droit du sol fait partie intégrante du pacte républicain ». Ce principe permet à une personne née sur le territoire français de bénéficier de la nationalité française – au contraire du droit du sang. Les Verts estiment que le gouvernement veut « recycler les idées frontistes ». Le PS a rappelé « qu’une bonne partie des ultra-marins [d’Outre-Mer] n’auraient jamais été français si le droit du sang avait prévalu ». Face à ces critiques, François Baroin a précisé samedi, depuis Saint-Pierre-et-Miquelon, qu’il n’avait pas « tranché la question ». Il a souligné qu’actuellement, « 50 % des reconduites à la frontière concernaient l’outre-mer, et 25 % la seule île de Mayotte ». Il a aussi assuré que « la France ne pourra pas autoriser continuellement un peuplement non maîtrisé ». A. S.
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